L’avion de chasse français Rafale se retrouve une nouvelle fois mêlé à une vaste opération de désinformation. Une récente campagne a tenté de miner la réputation de ce fleuron de l’aviation française, avec pour effet d’envenimer les relations entre la France et l’Inde, client du Rafale.
Une campagne montée de toutes pièces
Cette affaire a été pointée par une note de Viginum, l’agence chargée de la protection contre les ingérences numériques étrangères, qui s’inquiète des performances des Rafales. La note, révélée par le média Le Canard enchaîné, relate une série d’opérations lancées le 25 novembre sur X. Un individu se présentant comme pseudo-spécialiste pakistanais en communication numérique y a publié une lettre falsifiée, attribuée à Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation.
Ce premier faux document visait le client indien de Dassault Aviation : il laissait entendre que la livraison des 26 Rafale Marine ne pourrait intervenir que si les pilotes de New Delhi suivaient une formation de dix semaines. Le 26 novembre, un faux compte pro-pakistanais a relayé une seconde fausse missive, toujours attribuée à Éric Trappier, demandant l’ouverture d’une enquête indienne sur la première fuite supposée.
Une stratégie répétée et coordonnée
Le 8 décembre, une troisième lettre — elle aussi falsifiée — a circulé sur les réseaux sociaux. Présentée comme rédigée par le ministre indien des Affaires étrangères, elle s’en prenait à l’ambassadeur de France à New Delhi. Ces documents, explicitement signalés comme faux, s’inscrivent dans une stratégie destinée à ternir l’image du Rafale.
Déjà en mai dernier, une opération similaire avait été repérée : près de 1000 faux comptes avaient été créés pour dénigrer le Rafale en diffusant des images truquées affirmant que trois appareils avaient été abattus par des avions chinois en soutien à l’armée pakistanaise. La commission américaine, chargée d’examiner les effets des activités économiques chinoises sur la sécurité nationale, avait alors désigné Pékin comme responsable de cette opération.
Dassault Aviation reste discret
Interrogée par Le Journal du Dimanche, Dassault Aviation a choisi de ne pas commenter ces incidents, expliquant vouloir éviter d’alimenter la campagne de désinformation. Malgré les tentatives pour discréditer leur produit et envenimer les relations franco-indiennes, Dassault Aviation conserve une attitude stoïque face à une nouvelle commande de Rafale. Cette posture traduit une volonté de protéger l’intégrité de ses opérations et ses relations commerciales avec l’Inde.
Conséquences géopolitiques et enjeux
Cette campagne de désinformation peut peser sur les relations diplomatiques dans la région. L’Inde et le Pakistan ont des antécédents de tensions, notamment après un affrontement à la frontière en mai. Les manœuvres visant à manipuler les relations entre la France, fournisseur du Rafale, et l’Inde, son client, pourraient aussi servir les intérêts de Pékin, déjà pointé du doigt lors des campagnes précédentes.








