Une enquête récente a mis au jour des méthodes pour le moins choquantes dans l’armée russe. D’après People of Baïkal, relayé par Meduza, une nouvelle tactique sévère est désormais employée : torturer les proches des déserteurs pour les forcer à revenir. Ces méthodes violentes et répétées posent de sérieux soucis sur la morale et l’efficacité des tactiques militaires russes.
Des méthodes violentes au grand jour
L’enquête détaille des faits qui se sont déroulés dans le Kraï de Transbaïkalie, une région de Sibérie où plusieurs incidents troublants ont été signalés. Le 2 novembre 2025, Pavel, un jeune homme de 24 ans, a été enlevé par des hommes masqués, relaye Geo. Ils l’ont traîné hors de la ville et l’ont soumis à une électrocution par un pistolet à impulsion électrique pour le contraindre à retrouver son cousin Piotr, qui avait déserté. Sous pression, Pavel a fini par appeler Piotr pour fixer un rendez-vous, où ce dernier a été intercepté. La mère de Pavel, Olga Vtorushina, a reconnu les agresseurs comme étant des membres de la police militaire locale.
Un autre épisode concerne un soldat contractuel de 25 ans qui avait déserté après avoir reçu l’ordre de reprendre du service malgré une blessure à la tête. Caché dans sa ville natale pendant plusieurs mois, son père a été kidnappé et électrocuté avec un pistolet électrique pour forcer le soldat à se montrer. Un ami du soldat a également subi des violences physiques. Les auteurs appartiendraient à un groupe de recherche rattaché à la base militaire du déserteur.
En août 2025, Viktor, 36 ans, a connu le même sort lorsqu’il n’a pas rejoint son unité, prétextant que sa femme était sur le point d’accoucher. Il a été électrocuté, son nez a été fracturé, puis il s’est retrouvé enfermé dans le coffre d’une voiture pour être emmené à 500 kilomètres de là. Ce sont les mêmes membres de la police militaire qui étaient intervenus lors du cas de Pavel.
Une ambiance de peur généralisée
Ces actes ne se limitent pas à ces quelques cas, et on en a également parlé dans d’autres localités comme Oushmun, Troubachevo et Novoshirokinski, où les habitants ont eux aussi été victimes de violences et de enjeux de sécurité nationale. La mobilisation partielle, décrétée quelques mois après le début de la guerre, a ajouté jusqu’à 300 000 hommes aux forces armées, mais cela semble avoir attisé les tensions internes plutôt que de calmer le jeu.
La population locale vit dans la peur, redoutant d’être associée aux déserteurs et de subir à son tour des représailles. Cette atmosphère tendue dissuade souvent les victimes de porter plainte officiellement contre leurs agresseurs.








