Les survols de drones en Belgique se multiplient depuis le début du mois de novembre 2025, provoquant inquiétude et tension au sein du gouvernement fédéral. Après plusieurs incursions au-dessus de bases militaires, dont celle de Kleine Brogel, et d’aéroports civils tels que Bruxelles et Liège, les autorités belges redoutent un acte d’espionnage ou de déstabilisation. Dans ce contexte, la Défense belge a déclenché une série de mesures exceptionnelles, soutenue par la France et le Royaume-Uni, pour protéger ses installations critiques et rétablir la confiance dans la surveillance aérienne du pays.
Les survols répétés qui ont plongé la Belgique dans l’alerte
Les premiers signaux d’alerte sont apparus au cours du week-end du 1er au 2 novembre 2025. Trois drones ont été détectés au-dessus de la base aérienne de Kleine Brogel, site stratégique où sont stockées des armes nucléaires américaines. Selon le ministre belge de la Défense, Theo Francken, « trois drones ont été signalés… des modèles plus grands volant à plus haute altitude. Il ne s’agissait pas d’un simple survol, mais d’une opération ciblée », a-t-il déclaré selon CNews. L’incident a immédiatement été qualifié de « menace sérieuse » par l’état-major.
Quelques jours plus tard, le 5 novembre, plusieurs drones ont survolé les aéroports de Bruxelles-Zaventem et de Liège, provoquant la suspension temporaire du trafic aérien. Selon AP News, « 54 vols ont été annulés et 24 détournés », le tout pour éviter tout risque de collision. À Liège, l’activité a été interrompue pendant environ 30 minutes, rapporte RTL Info, après la détection d’un engin non identifié à 19 heures précises.
Ces événements successifs ont conduit le gouvernement à convoquer une réunion d’urgence du Conseil national de sécurité. D’après 21News.be, les autorités ont conclu que ces survols constituaient « une atteinte coordonnée à la souveraineté belge », imposant une réponse rapide et collective. L’alerte a été relayée à l’OTAN, qui a immédiatement placé ses partenaires régionaux en vigilance renforcée.
Une riposte immédiate : plan anti-drones et coopération militaire
Face à ces survols, la Belgique a déployé un plan d’urgence sans précédent, articulé autour de la modernisation de ses moyens de surveillance et de l’appui de ses partenaires européens. D’un montant de 50 millions d’euros, le plan anti-drones vise à protéger 38 sites sensibles, civils et militaires. Il prévoit l’achat d’environ 100 drones intercepteurs, le déploiement de radars mobiles et la distribution de kits de brouillage à usage tactique, selon RTL Info.
La Défense a également annoncé la création d’un Centre national de sécurité aérienne (NASC), opérationnel dès janvier 2026, pour coordonner la détection et la neutralisation des engins suspects. D’après Reuters, cette initiative s’inscrit dans une refonte plus large de la surveillance du ciel belge, encore trop dépendante des capteurs civils et militaires hérités de la décennie précédente. « Nous devons mieux observer notre espace aérien », a insisté Theo Francken, dans une déclaration reprise par Reuters. Dans les faits, le plan prévoit aussi la possibilité légale d’intercepter ou de neutraliser tout drone menaçant, y compris par des tirs ciblés ou des brouillages électroniques. Une réforme du code aérien civil et militaire est en cours pour encadrer ces nouvelles prérogatives.
La Belgique a également sollicité l’aide de ses alliés pour renforcer sa défense anti-drone. Dès le 7 novembre, la France a envoyé une unité spécialisée de l’armée de Terre, déjà déployée sur le territoire belge, tandis que la Bundeswehr allemande a dépêché une « unité de réaction rapide » de défense aérienne, rapporte La Dépêche. Cette coopération illustre une solidarité européenne croissante face aux menaces hybrides. Le soutien du Royaume-Uni est venu compléter ce dispositif : la Royal Air Force a mis à disposition des radars de veille et du matériel de brouillage pour assister les forces belges, selon The Guardian.
Des survols perçus comme une opération d’espionnage
Les services de Défense belges privilégient désormais la piste d’une opération d’espionnage orchestrée par un acteur étatique. D’après Euronews , les drones observés à Kleine Brogel et à Liège présentaient des caractéristiques techniques avancées : vols stabilisés à plus de 2 000 mètres, autonomie supérieure à une heure et trajectoires coordonnées. Ces données excluent, selon plusieurs experts cités par France 24, un simple usage récréatif ou journalistique.
La Défense a transmis les enregistrements radar à l’OTAN et à l’Agence européenne de défense pour analyse. Plusieurs sources militaires confirment qu’une partie des signaux émis correspond à des fréquences habituellement utilisées dans les systèmes de navigation professionnels. Les autorités n’excluent donc pas une implication étrangère, possiblement russe ou issue d’un réseau clandestin opérant en Europe occidentale. Ce contexte explique la réponse musclée de Bruxelles. Le Premier ministre, Alexander De Croo, a rappelé que « la Belgique est un État membre clé de l’OTAN et qu’une violation de son espace aérien ne saurait rester impunie ».








