Une troisième guerre mondiale et nucléaire ? Près de 8 Français sur 10 y croient

Alors que la planète traverse une période d’instabilité sans précédent, une nouvelle enquête Ipsos-AXA révèle la profondeur des craintes des Européens. Le sentiment d’insécurité globale progresse, nourri par la peur d’une guerre mondiale et la fragmentation croissante des sociétés.

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Une troisième guerre mondiale et nucléaire ? Près de 8 Français sur 10 y croient © Armees.com

Publié en octobre 2025, le Future Risks Report 2025 d’Ipsos et AXA dresse un constat inquiétant : la crainte domine l’état d’esprit européen. Selon cette étude mondiale, la majorité des citoyens du Vieux Continent redoutent une escalade des tensions géopolitiques et un basculement vers un conflit planétaire.

Une crainte partagée : la guerre mondiale comme horizon redouté

Selon l’enquête Ipsos-AXA, 84 % des personnes interrogées dans le monde expriment une crainte face aux tensions internationales, soit une légère baisse de trois points par rapport à 2022. En Europe, cette crainte atteint des sommets : 80 % des répondants estiment qu’une nouvelle guerre mondiale est possible, contre 67 % en Asie. Ce sentiment est particulièrement marqué en France, où 77 % des personnes interrogées déclarent redouter un tel scénario. Malgré une légère baisse, la peur d’un embrasement mondial reste structurelle.

Cette inquiétude reflète le poids des crises multiples : guerre en Ukraine, tensions au Moyen-Orient, incertitudes électorales américaines. Pour Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos, « la fragmentation, amplifiée par la désinformation sur les réseaux sociaux, crée des réalités parallèles où les risques ne sont plus perçus de la même façon ». Ce diagnostic rejoint celui du Global Risks Report 2025 du Forum économique mondial, qui décrit un monde « de plus en plus fracturé » où les équilibres politiques se délitent au profit de zones d’influence concurrentes.

Une société fracturée qui détruit la confiance en l’avenir

La crainte des citoyens ne se limite pas à la géopolitique. Le rapport Ipsos-AXA montre que 59 % des personnes interrogées considèrent leur pays comme fragmenté, et que 77 % des Français estiment que leur société est profondément divisée. Les causes de cette fracture sont multiples : inégalités économiques et sociales (41 %), clivages politiques et idéologiques (39 %), désinformation (36 %) et tensions autour de l’immigration et de la culture (34 %). Ces chiffres traduisent une perte de confiance dans la capacité des institutions à contenir la colère ou à anticiper les crises.

Ce malaise collectif s’inscrit dans un mouvement plus global. Selon le baromètre Ipsos Global Trends 2025, l’optimisme mondial recule fortement : seuls 59 % des individus se disent confiants dans leur avenir, soit une baisse de 7 points en un an. Le sentiment d’insécurité s’étend au-delà des frontières : 90 % des personnes interrogées dans le Future Risks Barometer 2025 affirment avoir le sentiment qu’il existe « un nombre croissant de crises simultanées ».

Entre peur et liberté : l’Europe face à ses contradictions

Si la crainte du futur domine, les Européens affichent aussi une forme de résilience démocratique. L’étude Ipsos-AXA révèle que 69 % des sondés, en Europe comme dans le reste du monde, jugent que la liberté d’expression doit rester totale, même si cela implique la diffusion d’opinions extrêmes. Ce résultat illustre une tension paradoxale : l’attachement à la liberté coexiste avec la peur du chaos. Ainsi, les sociétés européennes oscillent entre désir de stabilité et refus du contrôle excessif. Le European Union Institute for Security Studies (EUISS) souligne que cette ambivalence nourrit la vulnérabilité politique du continent : les campagnes de désinformation et la polarisation idéologique affaiblissent la cohésion face aux crises.

Dans le même esprit, le rapport Ipsos Predictions 2025 note qu’« un sentiment d’inquiétude diffuse caractérise les attentes mondiales en matière de sécurité ». Les chercheurs y voient le symptôme d’un futur perçu comme incertain, où chaque tension locale semble pouvoir dégénérer à l’échelle planétaire.

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