Une investigation menée par Skhemy, l’unité d’investigation de Radio Free Europe/Radio Liberty, a mis au jour de graves accusations contre la Russie pour usage d’armes chimiques en Ukraine. Cette découverte inquiète la communauté internationale, tant pour le non-respect des accords internationaux que pour la sécurité sur le terrain. Les retombées ne se limitent pas aux relations diplomatiques, elles affectent aussi la stabilité et la protection des populations dans les zones de conflit.
Violations flagrantes des accords internationaux
La Russie a signé la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, un traité interdisant le développement, la production, l’acquisition, le stockage et l’emploi d’armes chimiques. Pourtant, malgré cet engagement, Moscou continue de déployer ces armes en Ukraine. L’enquête montre que cette transgression ne se contente pas de dégrader les accords internationaux, elle menace aussi directement la paix mondiale.
Les services secrets ukrainiens ont recensé plus de 10 000 attaques chimiques, ce qui donne une idée de l’ampleur du problème. Ces attaques se caractérisent principalement par l’utilisation de grenades RG-Vo, posant ainsi un vrai défi aux efforts internationaux pour limiter la diffusion des armes chimiques.
Fabrication et distribution des grenades chimiques
La chaîne logistique pour ces grenades fait intervenir plusieurs entreprises russes et chinoises, y compris un dépôt de munitions. L’usine mécanique de Saransk, filiale du conglomérat Rostec, fournit les mèches et retards pyrotechniques indispensables à leur assemblage. Par ailleurs, EurokhimInvest propose du chloroforme et de l’acétone indispensables à la production. Des sociétés chinoises interviennent également en fournissant du phosphore rouge. Entre 2022 et 2023, l’institut a importé près de 100 tonnes de phosphore rouge, ce qui représente environ 25 % des importations mondiales totales de ce produit.
Gaz utilisés et tactiques sur le terrain
Les grenades RG-Vo renferment deux types principaux de gaz lacrymogènes : le CN (Chloroacétophénone) et le CS (2-chlorobenzylidène malonitrile). Ces produits ont la particularité de rendre les personnes exposées temporairement incapables, en provoquant de fortes irritations aux yeux et aux voies respiratoires.
Sur le terrain, les troupes russes équipent leurs drones explosifs de ces grenades pour les larguer directement au-dessus des positions ukrainiennes. Cette méthode force souvent les soldats ukrainiens à battre en retraite s’ils ne disposent pas d’équipements appropriés, comme des masques à gaz, lors d’une attaque aérienne. Une fois désorganisés, ils deviennent des cibles faciles pour les forces russes.
Réactions internationales et autres investigations
Suite à ces révélations inquiétantes, l’Union Européenne a réagi en imposant des sanctions dès mai 2025 à trois organisations russes impliquées dans la fabrication d’armes chimiques. Pourtant, certaines structures échappent toujours aux sanctions européennes et américaines, ce qui continue de compliquer la tâche de la communauté internationale.
Parallèlement, une autre enquête conduite par Radio Free Liberty/Radio Free Europe a mis en lumière que quelques entreprises biélorusses importent illégalement des composants occidentaux pour contribuer à la fabrication de missiles russes. Ce réseau complexe vise à contourner les restrictions imposées par les instances internationales.








