Cet été, la Marine nationale française a redoublé d’efforts dans la lutte contre le trafic de drogue en procédant à des saisies jamais vues jusque-là sur tous les océans. Les opérations se déroulent à une période où le trafic de stupéfiants explose, avec des volumes interceptés bien plus élevés que lors des années passées. Les chiffres ne laissent aucun doute : entre le 1er janvier et le 1er août 2025, plus de 38 tonnes de produits stupéfiants ont été confisquées, et l’année pourrait se terminer sur un record en dépassant les 50 tonnes.
Des chiffres qui en jettent
La diversité des drogues interceptées montre bien l’ampleur du phénomène. La cocaïne représente 70 % du total des stupéfiants saisis. Parmi les opérations marquantes, près de 40 tonnes ont été récupérées au 1er août 2025. Dans le Pacifique, au large de la Nouvelle-Calédonie, on a mis la main sur deux tonnes et demie de cocaïne. Aux Antilles, une quantité similaire a été interceptée, ce qui confirme le rôle tournant de cette région pour le trafic vers l’Europe.
- Les autres substances ne passent pas inaperçues : 9 tonnes de cannabis ont été retrouvées autour des Antilles et dans l’océan Indien.
- Par ailleurs, dans l’océan Indien, on a intercepté 2 tonnes de méthamphétamine ainsi que 300 kilos d’héroïne et d’opiacés.
Les combines malignes des trafiquants
Si ces réussites sont remarquables, il ne faut pas oublier que les trafiquants ne cessent d’innover pour déjouer les dispositifs mis en place. Ils recourent désormais à des technologies de pointe, comme les sous-marins téléguidés capables de transporter plusieurs tonnes de cocaïne tout en échappant aux radars. Un exemple marquant est celui d’un semi-submersible intercepté en Colombie, équipé d’une antenne Starlink, mais qui s’est avéré vide lors de sa capture (probablement un test effectué par un grand cartel colombien).
Les cartels font également appel à des ingénieurs pour concevoir ces navires dans des chantiers navals clandestins en Colombie. Un cadre de la Marine nationale explique : « Les trafiquants sont agiles, malins et surtout, ils disposent de moyens pour contourner les obstacles que nous mettons sur leur chemin ».
Une organisation bien huilée et une coopération internationale
La lutte contre le trafic de drogue s’inscrit dans les missions de police de l’Action de l’État en mer (AEM), sous la supervision du Secrétaire général de la mer, rattaché au Premier ministre. Les opérations relèvent des préfets maritimes pour les zones Atlantique, Méditerranée et Manche/mer du Nord. En Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, ce sont les hauts-commissaires qui prennent le relais.
Par ailleurs, ces opérations bénéficient d’une collaboration étroite avec les Douanes et l’Office anti-stupéfiants (Ofast). Le renforcement des moyens se traduit, par exemple, par une utilisation renforcée de drones aériens pour améliorer la détection et par l’installation de radars sur le littoral antillais.
Les retombées économiques et sociales
Les saisies ne retirent pas seulement une quantité importante de drogue du marché, elles privent aussi les réseaux criminels et terroristes de sources de revenus non négligeables, comme le montre une saisie spectaculaire. Même si ces opérations font sensation, elles ne représentent qu’une petite partie du volume total de drogue qui circule à l’échelle mondiale. Xavier Jamot souligne : « Notre capacité à contrer ces trafics doit être envisagée dans une vision globale, mais quand on réalise régulièrement des saisies d’une telle ampleur, on inflige des pertes sévères aux réseaux ».








