Percée militaire ? La Russie recycle en urgence un missile datant de 1985

Moscou réinvente le missile Vikhr pour contrer les drones ukrainiens, mais cette « innovation » cache des limites notables.

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Percée militaire ? La Russie recycle en urgence un missile datant de 1985
Percée militaire ? La Russie recycle en urgence un missile datant de 1985 © Armees.com

Dans le climat tendu du conflit entre la Russie et l’Ukraine, chaque camp tente de se démarquer en innovant sur le plan technologique et stratégique, comme avec les munitions innovantes ukrainiennes. Récemment, Moscou a annoncé une modification de son missile antichar guidé Vikhr, qui pourrait désormais viser efficacement les drones ukrainiens (les véhicules aériens sans pilote). Cette annonce intervient alors qu’on observe de près toutes les innovations militaires, tant elles peuvent jouer un rôle déterminé dans l’équilibre des forces.

Une nouvelle vie pour le Vikhr

Ce missile voit le jour à la fin des années 1980, durant l’ère soviétique, et a été introduit en 1985 pour détruire les chars ennemis. Aujourd’hui, il revient sur le devant de la scène, présenté par les responsables russes comme une véritable avancée face aux drones ukrainiens. Il embarque trois types de fusées : combinée, à impact et de proximité. La fusée de proximité, avec un rayon d’activation de 5 mètres, retient particulièrement l’attention.

Le système fonctionne avec un guidage laser semi-actif, ce qui oblige l’hélicoptère tireur à rester immobile pour cibler l’ennemi. Ce qui peut poser problème, car cela expose l’appareil aux ripostes adverses. Le missile Vikhr peut être tiré depuis des hélicoptères d’attaque comme le Mi-28NM ou le Ka-52, mais sa portée ne dépasse pas 10 km.

Des avis partagés sur le terrain

Même si Moscou le présente comme une grande avancée, plusieurs observateurs soulignent que cette prétendue capacité anti-drone n’est pas vraiment nouvelle puisque cette fonction existait déjà il y a près de quarante ans. L’annonce semble donc davantage se résumer à un recyclage malin d’une arme soviétique que le fruit d’une innovation récente.

De plus, les spécialistes militaires pointent certaines limites d’utilisation du Vikhr sur le terrain. Les drones ukrainiens, avec leur nombre et leur agilité, sont souvent capables de saturer les défenses sophistiquées, ce qui rend leur interception difficile pour un système datant de plusieurs décennies.

Un arsenal russe face à la modernité

Moscou aime bien vanter ses « avancées » dans le domaine militaire, que ce soit avec ses drones furtifs, ses missiles hypersoniques ou ses sous-marins haut de gamme, comme le drone CBTS.611000. Mais ces présentations sont souvent assombries par des retards, des soucis de financement et des problèmes récurrents au sein du complexe militaro-industriel.

En comparaison, d’autres armées, comme celles de l’Ukraine, ont mis au point des solutions plus modernes et moins risquées pour lutter contre les drones ennemis, comme les drones navals Magura. Par exemple, elles font appel aux roquettes APKWS de 70 mm, tirées depuis des plateformes terrestres ou des avions à voilure fixe, ce qui permet d’éviter de mettre directement leurs pilotes en danger.

Perspectives et enjeux à venir

Au final, la tentative russe d’embrasser une tendance internationale en reutilisant du matériel ancien met en lumière certaines limites stratégiques actuelles. Même si le stock d’armements soviétiques reste important pour Moscou aujourd’hui, il risque de ne plus suffire face aux défis modernes.

Alan Lushnikov, directeur de Kalachnikov Concern, a précisé que la phase de conception du missile Vikhr était bouclée, mais qu’il fallait encore des tests en vol avant de pouvoir lancer la production en série. Le résultat de ces essais déterminera si ce missile, à la fois ancien et remis au goût du jour, pourra jouer un rôle déterminant dans la guerre psychologique entre Moscou et Kiev.

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