La France mise de plus en plus sur les drones kamikazes. Depuis plusieurs mois, l’Hexagone cherche à se doter de cette arme qui fait ses preuves en Ukraine. Les premiers modèles attendus seront livrés avant le 14 juillet.
Les premiers drones kamikazes français arrivent
La France, longtemps perçue comme une puissance de défense traditionnelle, semble aujourd’hui prendre un virage décisif dans sa stratégie militaire. À l’aube de l’été 2025, l’armée française s’apprête à recevoir une nouvelle génération de drones kamikazes, avec une promesse : renforcer son arsenal de manière fulgurante et prendre de l’avance sur des technologies désormais essentielles. Ces drones suicides, appelés munitions téléopérées (MTO), constituent un enjeu majeur pour l’armée de Terre, et cette évolution se fait dans un cadre géopolitique de plus en plus tendu, où les nouvelles armes de précision et de saturation semblent se multiplier.
Le ministère des Armées français a annoncé que les premières MTO de type Damoclès devraient être déployées sur le terrain d’ici le 14 juillet 2025. Ces drones, fruits d’une collaboration entre l’entreprise française Delair et le groupe d’armement KNDS, sont des munitions téléopérées d’une grande précision, destinées à frapper des cibles stratégiques à courte portée. Leur développement accéléré répond à une exigence croissante de modernisation des capacités de frappe de l’armée française, notamment en raison de l’utilisation intensive de drones sur les théâtres d’opérations modernes, comme le montre le conflit en Ukraine. Le but : saturer l’espace aérien pour maximiser l’efficacité.
Colibri : l’arme qui frappe fort et juste
En parallèle, l’armée développe depuis quelques mois un autre drone suicide. Baptisé Colibri, il est testé avec succès par les forces françaises. Il s’agit d’une autre pierre angulaire de cette montée en puissance des capacités de frappes autonomes. Ce drone suicide, capable d’agir à une portée de 5 kilomètres, représente un bond en avant dans l’armement militaire de l’Hexagone. En effet, sa tête militaire explosive est à la fois incendiaire et à fragmentation, rendant sa capacité d’impact dévastatrice, tout en minimisant le coût des équipements. Moins de 20 000 euros pour une unité, une précision métrique et une autonomie de 45 minutes : Colibri est destiné à fournir une réponse rapide et économique à une menace imminente. Mais ces drones ne se limiteront pas à la France.
Les 100 premiers exemplaires de ce modèle sont envoyés en Ukraine depuis plusieurs semaines.
Ces drones kamikazes, dont la simplicité de conception permet une production rapide et peu coûteuse, symbolisent un tournant dans l’industrie de défense française, qui s’inspire désormais des pratiques de l’industrie civile pour répondre aux besoins militaires urgents. Toutefois, l’intégration de ces nouvelles munitions soulève des questions logistiques.
Le général Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre, explique que constituer des stocks massifs de drones kamikazes pourrait devenir contre-productif, puisque les évolutions technologiques dans ce domaine sont rapides et imprévisibles. La France préfère ainsi privilégier la production à la demande et la capacité de production agile, une stratégie qui vise à garantir que les drones sont toujours à la pointe de la technologie lorsqu’ils sont envoyés sur le terrain.








