Elles ont patrouillé sur autoroute, foncé à plus de 200 km/h, et marqué des générations de gendarmes. Aujourd’hui, elles reviennent, fièrement restaurées, pour défiler en tête du Tour de France 2025.
Alpine, Peugeot, Subaru… chaque époque sa réponse
Le 11 juillet 2025, au départ de Saint-Malo, et le 27 juillet, pour la grande arrivée à Paris, quatre voitures légendaires ouvriront la caravane du Tour de France : Alpine A110, Peugeot 405 T16, Subaru Impreza WRX et Renault Mégane RS 3. Toutes ont un point commun : elles ont servi la Gendarmerie nationale pour intercepter, dissuader, intervenir.
Derrière leur style soigné, ces VRI sont le reflet d’un virage stratégique pris dans les années 1970 : équiper certaines unités de véhicules capables de rattraper des conducteurs à très haute vitesse, notamment sur autoroute. Une réponse directe à l’explosion du trafic, de la vitesse moyenne et des comportements à risque. Depuis, la Gendarmerie adapte ses moyens à l’évolution du terrain.
Tout commence avec l’Alpine A110 1600S, la fameuse « Berlinette », produite à seulement 14 exemplaires pour les forces de l’ordre. Avec ses 125 chevaux pour une vitesse de pointe avoisinant les 200 km/h, elle permet aux gendarmes de réagir vite. Elle est légère, nerveuse, efficace.
Dans les années 1990, place à la Peugeot 405 T16, dotée d’un moteur 2.0 litres turbocompressé, capable de passer de 0 à 100 km/h en 6 secondes. Avec ses 220 chevaux et sa transmission intégrale permanente, elle devient un outil redoutable pour les Brigades rapides d’intervention.
Puis vient la surprise japonaise : la Subaru Impreza WRX, premier modèle étranger dans le parc de la Gendarmerie (2006–2014). Avec ses 225 chevaux et sa transmission 4 roues motrices, elle marque une rupture, plus radicale dans la conduite, mais terriblement efficace.
Enfin, la Renault Mégane RS 3, livrée à partir de 2011, incarne la nouvelle génération : plus lourde, mais plus stable, mieux équipée, avec un moteur 2.0 litres turbo de 265 chevaux, une tenue de route exceptionnelle, et surtout, des équipements sur mesure réalisés par le préparateur Durisotti.
Gendarmerie nationale : une mémoire restaurée pour être partagée
Aujourd’hui, ces véhicules ont quitté le bitume… pour les podiums. Grâce au Fonds de dotation pour le musée de la Gendarmerie nationale (FDMGN), ils sont restaurés, entretenus et présentés lors de grands événements.
Le Fonds, créé en 2022 avec le soutien de partenaires comme Motul, ASO, qui organise chaque année le Tour de France, et l’ACO, s’occupe de préserver ce patrimoine mécanique unique. En tout, la collection compte près de 80 véhicules, 100 motos, et plusieurs pièces atypiques (blindés, hélico, motoneige). Une vraie mémoire mobile.
« Ces véhicules sont bien plus que des machines, ce sont des témoins vivants de l’histoire de notre Institution », souligne le FDMGN dans son communiqué. Et sur les routes du Tour de France, c’est toute une histoire de la Gendarmerie qui refait surface, à travers ses choix mécaniques, ses priorités et ses adaptations.
Ce retour en lumière, ce n’est pas de la nostalgie. C’est une manière de rappeler que l’histoire des voitures de la Gendarmerie est liée à l’évolution des missions de sécurité routière en France. Des années 70 à aujourd’hui, le message reste le même : protéger les routes, même à grande vitesse.
Pendant ce mois de juillet 2025, le public pourra non seulement admirer les bolides, mais aussi comprendre leur rôle dans la stratégie de la Gendarmerie.








