La Chine met la pression à l’Amérique et pourrait bien clouer au sol tous les F-35

Le F-35, symbole de la puissance aérienne américaine, est en danger.

Publié le
Lecture : 2 min
La Chine met la pression à l'Amérique et pourrait bien clouer au sol tous les F-35
La Chine met la pression à l’Amérique et pourrait bien clouer au sol tous les F-35 © Armees.com

Le F-35, emblème de la supériorité aérienne américaine, se heurte à de sérieux défis techniques. Ce chasseur furtif de dernière génération dépend énormément de matériaux rares, comme le samarium. La décision récente de Pékin de limiter l’exportation de ces matériaux met en lumière les failles des chaînes d’approvisionnement mondialisées et risque de perturber la production et l’entretien du F-35.

La faille technologique du F-35

Le F-35 séduit par ses capacités modernes, en particulier sa furtivité et sa domination aérienne. Cependant, toute cette supériorité passe par l’utilisation de terres rares, telles que le samarium (indispensable pour fabriquer des aimants permanents utilisés dans ses moteurs et systèmes de détection). La Chine, qui domine globalement le marché du samarium, contrôle non seulement son extraction mais aussi sa transformation et son exportation. Cette dépendance rend le programme F-35 vulnérable en cas de tensions géopolitiques.

Le samarium joue un rôle majeur dans la fabrication d’aimants qui résistent bien à la chaleur. Même si quelques dizaines de kilos suffisent pour un F-35, leur indisponibilité pourrait retarder, voire arrêter, la production et compliquer la maintenance.

Les inquiétudes qui montent au Pentagone

Face à ces problèmes, le Pentagone s’alarme en constatant qu’il y a peu d’options pour remplacer le samarium. Même si des efforts pour diversifier les sources ont commencé, l’exploitation des terres rares demande des infrastructures de haut niveau, ce qui fait défaut en dehors de l’Asie orientale. Les États-Unis et l’Australie disposent de certaines capacités de production, mais elles ne couvrent pas l’ensemble de leurs besoins.

En parallèle, la dépendance au titane russe ajoute une couche de complexité. Utilisé dans la structure du F-35, ce matériau est lui aussi soumis aux aléas liés à la guerre en Ukraine et aux sanctions internationales. Les industriels américains cherchent à varier leurs fournisseurs de titane, mais ce changement ne se fera pas du jour au lendemain.

Les démarches américaines pour sécuriser l’approvisionnement

Pour réduire cette dépendance problématique, les États-Unis investissent dans l’extraction sur leur sol et relancent certaines mines. Des partenariats avec l’Australie et le Canada sont également en cours pour garantir un approvisionnement plus stable en terres rares. Par ailleurs, des projets pilotes explorent le recyclage des matériaux issus des équipements militaires mis hors service.

Au Congrès, des discussions battues visent à instaurer des incitations fiscales et des mesures réglementaires pour encourager ces initiatives. Un plan ambitieux est en train d’être mis sur pied pour établir une chaîne d’approvisionnement intégrée « de la mine à l’aimant ».

Les retombées géopolitiques et industrielles

Le fait de dépendre de ressources contrôlées par des puissances concurrentes limite la liberté d’action stratégique des États-Unis. Une crise prolongée pourrait temporairement clouer au sol une partie de leur flotte aérienne, ce qui obligerait à repenser les partenariats industriels. D’autres nations pourraient suivre le même chemin pour sécuriser leurs secteurs stratégiques.

Dans cet environnement tendu, les négociations commerciales entre Washington et Pékin avancent difficilement. Le président américain, Donald Trump, considère déjà Pékin comme son principal rival sur le plan économique et diplomatique. De son côté, la Chine ne reste pas à l’abri des pressions américaines, notamment en matière de droits douaniers qui pourraient peser sur son économie intérieure.

Laisser un commentaire

Share to...