MBDA, Diehl, Kongsberg : trio gagnant du réarmement du Danemark

Le Danemark, qui avait abandonné son système Dehawk dans les années 2000, après la chute de l’URSS, mise désormais sur un réarmement territorial

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C’est le 10 juin 2025 que le ministère danois de la Défense a officialisé l’acquisition d’un ensemble de systèmes de défense anti-aérienne à court rayon d’action, dans un contexte de tensions sécuritaires croissantes. Cet achat, d’un montant dépassant les 804 millions d’euros, marque un tournant dans la doctrine militaire du Danemark, qui réarme après deux décennies de désengagement.

Le Danemark signe un contrat historique avec MBDA et ses alliés européens

Le contrat dévoilé le 10 juin associe MBDA France, Diehl Defence (Allemagne) et Kongsberg Defence & Aerospace (Norvège). Le Danemark achète directement les systèmes auprès des deux premiers et les loue au groupe norvégien. L’enveloppe totale dépasse les 6 milliards de couronnes danoises, soit plus de 804 millions d’euros. Il s’agit d’« un investissement stratégique vital pour la protection des infrastructures essentielles et de la population », a affirmé le ministre de la Défense Troels Lund Poulsen, cité dans Le Figaro.

Les livraisons s’échelonneront de fin 2025 à début 2027, un calendrier jugé ambitieux mais incontournable. Les dispositifs seront déployés dans des zones jugées critiques, sans précision géographique pour des raisons de sécurité.

Pourquoi le Danemark se réarme-t-il maintenant, et si vite ?

Ce virage n’est pas un hasard. Le Premier ministre Mette Frederiksen avait déjà averti, en février 2025, qu’un plan exceptionnel de 50 milliards de couronnes supplémentaires (près de 6,7 milliards d’euros) serait alloué à la défense dans les deux années à venir. « Acheter, acheter, acheter », avait-elle martelé à la tribune, selon les mots repris par The News International. En clair, il ne s’agissait pas d’une simple inflexion, mais d’un changement de cap massif.

Le Danemark, qui avait abandonné son système Dehawk dans les années 2000, après la chute de l’URSS, mise désormais sur un réarmement territorial pour parer à « une menace aérienne crédible » et pour « restaurer une capacité de protection directe », selon les mots du ministère de la Défense repris par BFMTV. La menace ? Elle a un nom à peine voilé : la Russie. Même si aucune déclaration officielle ne cite Moscou, l’ombre du Kremlin plane sur toute la communication gouvernementale.

Un investissement qui interroge la cohérence de la stratégie danoise

Le retour à une défense nationale soulève pourtant plusieurs interrogations. Pourquoi le Danemark a-t-il attendu 20 ans pour relancer une capacité anti-aérienne ? Et pourquoi opter aujourd’hui pour une solution mixte achat-location, peu fréquente dans ce domaine ? Faut-il y voir une contrainte budgétaire déguisée ou une stratégie d’agilité logistique ?

Le calendrier, lui aussi, pose question. Fin 2025 pour une première mise en service, dans un pays sans structure d’accueil préexistante, cela paraît optimiste. Les équipements loués à Kongsberg seront-ils utilisés en attendant la livraison des systèmes achetés ?

Le réarmement danois n’est pas un cas isolé. Depuis 2022, plusieurs pays d’Europe du Nord renforcent leurs dispositifs anti-aériens : la Finlande, la Norvège, la Suède – désormais membre de l’OTAN – ont tous investi massivement dans cette capacité. La Baltique devient un laboratoire de l’armement occidental, à coups de milliards d’euros et de livraisons express.

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