Minerais : Trump et Zelensky signent (enfin) le fameux accord

Le 30 avril 2025, Washington et Kyiv ont conclu un accord stratégique sur les minerais ukrainiens, prévoyant la mise en place d’un fonds d’investissement commun pour financer la reconstruction du pays.

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Minerais : Trump et Zelensky signent (enfin) le fameux accord | Armees.com

C’est une première mouture très attendue qui vient d’être rendue publique. Mercredi 30 avril 2025, à Washington, Volodymyr Zelensky et Donald Trump ont annoncé un accord bilatéral centré sur l’exploitation des ressources ukrainiennes. Cette avancée survient quelques jours seulement après la rencontre entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky à Rome, lors des obsèques du Pape François. Le Parlement ukrainien doit encore valider le texte.

Des minerais en échange d’un fonds d’investissement bilatéral

Après plus d’un an de négociations, plusieurs versions avortées et des tensions croissantes sur la dette de guerre ukrainienne, Kyiv et Washington ont officialisé la création d’un fonds d’investissement bilatéral, financé à parts égales par les deux États. Objectif affiché : accélérer la reconstruction post-conflit sans alourdir la charge financière de l’Ukraine. Ce fonds, prévu pour une durée initiale de dix ans, ne versera aucun dividende avant 2035. Tous les revenus seront réinvestis localement dans des projets d’infrastructure, d’énergie et de services publics.

L’un des points clés du texte repose sur une contrepartie stratégique : les États-Unis obtiennent un accès préférentiel aux minerais ukrainiens, en particulier le lithium, le titane, le cobalt, l’uranium et les terres rares, tous essentiels aux industries de défense, de technologie et d’énergies renouvelables. Ce droit d’accès ne signifie pas cession de souveraineté, mais l’Ukraine s’engage à réserver un canal prioritaire aux investisseurs américains dans les appels d’offres.

Le texte prévoit également la mise en place d’un comité binational de supervision, chargé de valider les projets éligibles et de veiller à leur bonne exécution. Kyiv conservera ainsi la propriété juridique des gisements et un droit de véto sur les décisions jugées contraires à ses intérêts nationaux. Un équilibre théorique que certains experts qualifient déjà de « fragile ».

Un compromis financier pour éviter une dette de guerre

Ce partenariat vise à écarter une véritable épée de Damoclès pour l’Ukraine : le remboursement des 350 milliards de dollars d’aide américaine reçus depuis le début de l’invasion russe en février 2022. Or, Washington ne veut pas transformer cette dette en cadeau, ni forcer un remboursement immédiat qui plongerait Kyiv dans une crise économique sans précédent.

En liant l’aide à l’exploitation des ressources naturelles, les États-Unis convertissent partiellement leur soutien militaire et humanitaire en investissements industriels. Pour Kyiv, cela permet de ne pas alourdir son endettement tout en continuant à bénéficier de flux financiers colossaux essentiels à la survie, et à la reconstruction de l’Ukraine.

Le Premier ministre Denys Chmyhal a ainsi salué l’accord en soulignant que l’Ukraine n’aura « aucune dette » à rembourser aux États-Unis dans le cadre de cet accord (France 24). Le président Volodymyr Zelensky, quant à lui, a déclaré le 1er mai : « Il s’agit désormais d’un accord véritablement équitable qui crée des opportunités d’investissements significatifs en Ukraine. » (France 24).

Un texte en attente de validation de la Rada

La mouture actuelle reste néanmoins à confirmer. Le texte doit en effet désormais être ratifié par la Rada, le Parlement ukrainien, où des dissensions commencent déjà à émerger. L’opposition dénonce pour sa part un « accord de dépendance », tandis que le camp présidentiel insiste sur « une solution réaliste à un contexte d’extrême urgence ».

À noter par ailleurs que le texte ne prévoit aucun volet de sécurité, ni clause de défense commune — un manque vivement regretté par certains diplomates ukrainiens. Enfin, l’OTAN n’est pas mentionnée, pas plus que la Russie.

De fait, et en l’état, ce partenariat signé entre Kiev et Washington reste purement économique. Il marque cependant un tournant dans les relations bilatérales entre les deux pays, qui s’étaient drastiquement dégradées suite à la visite de Volodymyr Zelensky dans le Bureau ovale.

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