La circulation méridienne de retournement atlantique (AMOC) est un courant océanique d’une importance capitale qui aide à réguler le climat à l’échelle planétaire. Sa disparition éventuelle pourrait entraîner des situations dramatiques, un peu comme dans le film « Le Jour d’après » de Roland Emmerich (2004). Sans l’AMOC, l’hémisphère nord verrait ses températures chuter, avec une baisse estimée entre 5 et 10 degrés Celsius en Europe dans le prochain siècle.
Comprendre comment ça marche
L’AMOC, c’est un vaste réseau de courants marins qui distribue oxygène, nutriments, carbone et chaleur autour du monde. Le phénomène débute avec les eaux chaudes qui partent des régions tropicales vers le nord. En se refroidissant à des latitudes plus élevées, elles finissent par se glisser sous des eaux plus froides pour ensuite repartir vers le sud. Le Gulf Stream est un des acteurs principaux de ce système, connu pour son rôle dans la régulation du climat mondial.
Même si ce système permet de garder un climat plutôt stable dans l’hémisphère nord, sa stabilité est mise à mal par la fonte rapide des glaces polaires et la disparition de la glace arctique.
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Ce qui pourrait se passer en cas d’effondrement
Si l’AMOC venait à s’effondrer, cela pourrait bouleverser notre climat et nos écosystèmes. On assisterait à de profondes modifications des précipitations, non seulement en hémisphère nord mais aussi ailleurs, entraînant des extrêmes climatiques.
D’autres conséquences seraient aussi à craindre :
- les températures chuteront nettement,
- les écosystèmes marins s’effondreraient,
- et on observerait une multiplication des tempêtes à travers le monde.
Sans la circulation habituelle, le transfert de chaleur du sud vers le nord diminuerait de 75 %. Sans compter que dans certaines zones de l’Atlantique, l’élévation du niveau de la mer pourrait grimper d’un mètre, menaçant ainsi plusieurs villes côtières.
Quand cela pourrait-il arriver ?
La grande question reste de savoir quand un tel effondrement pourrait survenir. Pour l’instant, le ralentissement s’explique par la fonte accélérée des glaces polaires et l’arrivée d’eau douce, qui freine le mouvement naturel des eaux salées plus chaudes. Cependant, on n’est pas encore sûrs de la distance exacte de ce point de bascule.
Une étude récente publiée dans Science Advances suggère que cet effondrement pourrait survenir dès 2025 et 2095. Mais, pour rappel, le Met Office britannique estime que de tels changements majeurs sont « très peu probables » au cours du XXIe siècle.
Les débats et les prochaines étapes
Les dernières études ont lancé un vrai débat parmi les scientifiques. Susanne Ditlevsen a exprimé sa préoccupation face aux résultats inquiétants, tandis que David Thornalley pointe du doigt des limites statistiques dans les recherches actuelles. Pour sa part, Jochem Marotzke critique les simplifications dans les modèles qui ont été utilisés pour ces prévisions.
Les chercheurs comptent désormais intégrer les données recueillies au cours des trois dernières années pour améliorer leurs modèles et mieux prévoir ce qui pourrait se passer.









Nous sommes l’espèce la plus débile qui soit sur Terre.