Attaque des prisons françaises : ce groupe Telegram pourrait remonter jusqu’aux commanditaires

Onze prisons françaises attaquées : un canal Telegram au cœur de l’enquête DGSI‑SDAT mène vers la piste de l’ultra‑gauche.

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Attaque des prisons françaises : ce groupe Telegram pourrait remonter jusqu’aux commanditaires | Armees.com

Un canal Telegram créé à la veille de la vague d’attaques coordonnées contre des prisons et plusieurs personnels d’établissements pénitentiaires français est désormais au centre d’une enquête antiterroriste. Si la piste d’un activisme d’ultragauche est prise au sérieux, les services de renseignement n’excluent pas que le groupe serve de façade à un réseau criminel plus vaste.

Un canal Telegram dans le viseur des autorités

Le canal Telegram intitulé « DDPF », pour « Défense des droits des prisonniers français », est apparu le 12 avril 2025, soit deux jours avant la première série d’attaques recensées dans la nuit du 13 au 14 avril, selon les éléments de l’enquête ouverte pour association de malfaiteurs terroriste à visée criminelle par le Parquet national antiterroriste (PNAT).

Au total, au moins 11 établissements pénitentiaires ou sites liés à l’administration pénitentiaire ont été visés : véhicules de surveillants incendiés, tirs contre des bâtiments, jets de cocktails Molotov et menaces directes contre des agents. Des inscriptions « DDPF » ont été retrouvées sur plusieurs lieux attaqués. Le groupe, actif sur la messagerie cryptée Telegram, y diffusait des messages de contestation critiquant les conditions de détention et les politiques pénitentiaires du gouvernement.

Certaines publications contenaient des montages visuels à portée symbolique, des slogans revendicatifs, ainsi que des vidéos montrant des actions menées de nuit. Plusieurs messages ont été supprimés par la plateforme pour incitation à la violence. Des investigations techniques ont été engagées par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et la Sous-direction antiterroriste (SDAT), portant notamment sur les échanges et les supports diffusés. Une première interpellation a eu lieu en Essonne, visant un ancien détenu en régime de semi-liberté, rapporte Le Parisien.

Ultra-gauche ou paravent d’un réseau criminel plus vaste ?

Si l’hypothèse d’un groupuscule d’ultragauche est sérieusement envisagée par les enquêteurs, en raison du ton militant et des codes visuels et idéologiques employés, plusieurs éléments interrogent. Aucun message ne revendique explicitement les attaques. Le discours du groupe évoque une mobilisation collective, mais reste imprécis sur les auteurs des violences, même si une source sécuritaire, citée par Le Parisien, tient à souligner que les fondements idéologiques « haine de l’État, rejet du régime carcéral, recours à l’action directe » sont bien présents.

Les services de renseignement n’excluent par conséquent pas la possibilité que ce canal ait été créé à des fins d’instrumentalisation par des acteurs tiers. Le canal Telegram pourrait en effet servir de façade pour détourner l’attention d’une organisation criminelle bien plus importante et structurée, notamment issue des réseaux de narcotrafic, ces derniers étant déjà très actifs en milieu carcéral. Cette hypothèse est renforcée par le contexte sécuritaire actuel : usage de téléphones illicites en détention, logistique souterraine, et gestion de trafics depuis les établissements pénitentiaires. Reste à savoir si la piste permettra de remonter aux commanditaires des attaques.

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