À cause du Brexit, le Royaume-Uni est exclu du grand plan de réarmement de l’Europe actuellement en cours de déploiement sur le Vieux Continent. Mais pour doper sa défense, les Britanniques cherchent d’autres solutions.
La défense, un sujet complexe au Royaume-Uni
Dans un contexte géopolitique tendu, le Royaume-Uni, émancipé de l’Union européenne depuis le Brexit, cherche à redéfinir sa stratégie de défense. Privé des mécanismes communautaires, comme le grand plan Readiness 2030, Londres explore d’autres options pour assurer sa sécurité nationale. Il y a quelques jours, le Financial Times a révélé que le Royaume-Uni envisageait la création d’une institution supranationale dédiée à l’achat conjoint et au stockage d’équipements militaires à l’échelle du Vieux Continent.
Cette proposition, détaillée dans un document informel du Trésor britannique, suggère la mise en place d’un fonds multilatéral capable d’emprunter sur les marchés à des taux avantageux pour financer des projets de défense partout en Europe. L’objectif affiché est de combler un déficit de financement estimé à plusieurs centaines de milliards d’euros, sans alourdir immédiatement les budgets nationaux.
Les pays participants rembourseraient le fonds lors de la réception des équipements, permettant ainsi de maintenir les coûts initiaux hors des bilans nationaux. Cette initiative vise également à inclure des nations non membres de l’UE, comme la Norvège, et à renforcer la compétitivité des exportations européennes en matière de défense. C’est surtout un moyen pour Londres de contourner la Commission européenne et son plan d’investissement.
L’exclusion du Royaume-Uni du plan européen Readiness 2030
Depuis l’annonce du grand plan européen visant à mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros pour renforcer les capacités militaires du continent, le Royaume-Uni semble livré à lui-même. Ce plan prévoit notamment 150 milliards d’euros de prêts destinés aux États membres pour des projets de défense communs. Toutefois, ces financements sont réservés aux entreprises basées dans l’UE, excluant de facto les sociétés britanniques.
Cette décision a provoqué une onde de choc à Londres, où des voix s’élèvent pour dénoncer une marginalisation délibérée du Royaume-Uni dans les affaires de défense européennes. Le gouvernement britannique, par la voix de son Premier ministre Keir Starmer, plaide pour que le Royaume-Uni soit traité comme un État membre de l’UE dans le cadre de ce plan ambitieux. Cependant, cette requête se heurte à une fin de non-recevoir de la part de Bruxelles. Selon plusieurs médias, la France mettrait son veto sur le sujet. Paris craint de voir les sociétés américaines de défense, très implantées au Royaume-Uni, venir lorgner sur les juteux contrats.








