Armement : l’un des derniers fabricants français pourrait bientôt passer sous pavillon belge

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L’industrie de l’armement française s’apprête à perdre l’un de ses derniers bastions. Verney-Carron, manufacture fondée en 1820 à Saint-Étienne, spécialisée dans les fusils de chasse et les armes de petit calibre destinées aux forces de l’ordre, placée en redressement judiciaire à la mi-février 2025, a reçu une offre de rachat du groupe belge FN Browning, le 3 mars 2025.

FN Browning veut racheter 70 % du capital Verney-Carron

FN Browning a déposé « une offre ferme de rachat pour 70 % du capital de Verney-Carron », rapporte l’AFP, confirmant ainsi son intention de prendre le contrôle majoritaire de ce qui n’est autre que l’un des derniers armuriers français. Le groupe belge, détenu par le fonds Wallonie Entreprendre, a précisé que cette opération s’accompagnerait de plusieurs millions d’euros d’investissements pour moderniser la production et stabiliser l’activité de son concurrent français.

FN Browning assure vouloir maintenir l’orientation et la production de Verney-Carron à Saint-Étienne, tout en renforçant son positionnement dans le secteur de la défense. L’industriel belge entend notamment capitaliser sur le savoir-faire de Verney-Carron dans la fabrication de carabines de précision et d’armes non létales. Cependant, cette reprise entraînera une restructuration, une source proche du dossier ayant indiqué à l’AFP que dix postes pourraient être supprimés parmi les 68 salariés encore en poste. L’inquiétude ne se limite pas aux employés de Verney-Carron. Si cette acquisition se concrétise, elle marquera une nouvelle perte de souveraineté pour la France dans l’industrie de l’armement et de la défense.

Une baisse drastique des commandes publiques

les commandes publiques françaises. Pendant des années, l’entreprise a été l’un des fournisseurs privilégiés du ministère de l’Intérieur, notamment pour son Flashball, largement utilisé par les forces de l’ordre. Mais depuis plusieurs années, l’État a progressivement réduit ses achats, privant Verney-Carron d’une source de revenus stable, et sutout, sur son principal marché.

Le fabricant français avait pourtant bien tenté de se positionner sur des marchés extérieurs, notamment en Ukraine où il espérait décrocher un contrat stratégique pour stabiliser ses finances, mais sans succès. Ad consequentiam, Verney-Carron, qui avait été rachetée à 65 % de son capital par Cybergun en 2022, et qui affichait un chiffre d’affaires de 5,45 millions d’euros en 2023, a vu celui-ci tomber sous la barre des 4 millions d’euros en 2024. Et du fait d’un passif cumulé de 20,4 millions d’euros, comme le précise l’AFP, l’armurier français n’a eu d’autre choix que de demander son placement en redressement judiciaire le 12 février 2025.

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