Nous sommes le 22 février, journée mondiale du scoutisme, célébrée en l’honneur de la naissance de son fondateur, Robert Baden-Powell. C’est en Afrique du Sud, lors du siège de Mafeking (1899-1900), que naît chez ce colonel anglais l’idée qui donnera naissance au scoutisme.
Assiégé par les Boers, Baden-Powell, à court d’hommes, confie à de jeunes éclaireurs des missions essentielles : messagers, observateurs, ravitailleurs. Grâce à leur ingéniosité et leur discipline, ils contribuent à la défense de la ville et inspirent à leur chef une conviction : bien encadrée, la jeunesse est capable de courage et de responsabilités.
Revenu en Angleterre, il décide d’adapter cette méthode, non plus à un contexte militaire, mais à l’éducation des jeunes des quartiers populaires de Londres. En 1907, il organise un premier camp expérimental sur l’île de Brownsea. Il y met en place un système de patrouilles où les garçons apprennent à vivre en autonomie, à s’organiser et à s’entraider. De là naît le scoutisme : un mouvement de jeunesse, d’éducation par l’action, basé sur l’apprentissage du leadership, du sens du devoir et de l’engagement.
Si le scoutisme n’a en aucune manière vocation à être un entraînement au métier des armes, ses valeurs trouvent naturellement un écho chez ceux qui choisissent de servir leur pays en uniforme. La promesse scoute, qui engage à servir son prochain et sa patrie, prépare les jeunes à un sens du service qui dépasse leur propre personne. Le goût de l’effort, la rigueur, la débrouillardise et l’habitude de la vie en communauté forment des qualités précieuses pour les futurs officiers et sous-officiers. C’est ainsi que l’on retrouve, dans les rangs des écoles militaires françaises, une forte proportion d’anciens scouts, dont le parcours atteste d’une vocation précoce à diriger et à servir.
Nombreux sont dans notre histoire les exemples de scouts morts pour la France. Pour n’en citer que quelques uns : l’aspirant André Zirnheld, auteur de la prière des paras, Guy de Larigaudie, scout-explorateur et officier de cavalerie, Tom Morel… Tous sont tombés en honorant la promesse faite à l’âge de 12 ans de servir leur pays.
Dans son livre SCOUT UN JOUR paru en juillet 2024, Rémi Scholtz nous propose le récit d’un moment de transmission où les scouts et les anciens combattants, unis par cette même promesse bien que séparés par les générations, se retrouvent autour du drapeau français pour célébrer la fête nationale.
“Nous sommes le 14 juillet. En uniforme impeccable, les scouts rejoignent les anciens combattants près du monument aux morts. Ceux qui ont survécu rendent les honneurs à ceux qui y sont restés.
Il n’y a personne. La troupe, les anciens combattants, c’est tout. Nous rencontrons nos anciens. Ils ont le costume bariolé de médailles qui disent leurs exploits, ils ont la poignée de main puissante des hommes vrais. Derrière leur visage rude et buriné, derrière leurs rides profondes, ils ont ce regard qui n’appartient qu’à eux, mélange inexprimable de tristesse et de fierté. Ils tiennent leur drapeau fermement, ils n’oublient pas, ils sont le dernier carré.
Et nous sommes avec eux. Nous avons douze, quinze, vingt ans. Nous n’avons rien connu et l’avenir devant nous semble un horizon infini. Eux connaissent la vie, et connaissent la mort. Ils ont vécu, ils ont travaillé, ils se sont battus, et les noms gravés dans la pierre sont ceux de leurs camarades. Les remerciements qu’ils nous adressent pour être venu nous joindre à eux sont la plus noble source de fierté. Nous ne les oublierons jamais.”










En général, nous sommes scout un jour scout toujours en effet