SpaceX : le vaisseau Starship pulvérisé avant sa descente

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SpaceX : le vaisseau Starship pulvérisé avant sa descente
SpaceX : le vaisseau Starship pulvérisé avant sa descente © Armees.com

La fusée Starship de SpaceX a quitté, le 27 mai à 23 h 35 GMT, Starbase, la base de lancement texane de l’entreprise, pour ce qui devait être un nouveau jalon vers l’exploration martienne. Le vaisseau, plus imposant qu’un immeuble de quarante étages, a pris son envol dans un panache de fumée impressionnant. L’entreprise d’Elon Musk visait à nouveau l’espace… et y est parvenue. Mais le rêve a été de courte durée. À peine trente minutes plus tard, alors qu’il devait effectuer une descente contrôlée au-dessus de l’océan Indien, Starship a implosé en vol. 

Sur la plateforme X (anciennement Twitter), SpaceX a parlé d’un « désassemblage rapide non programmé », un euphémisme désormais habituel pour désigner une explosion en vol. Le premier étage, censé retomber dans le golfe du Mexique après avoir propulsé le vaisseau, a connu le même sort, détruit avant l’impact. Un nouvel échec ? Oui, mais pas totalement.

Un échec partiel… et des avancées techniques majeures 

Car contrairement aux deux essais précédents, où le second étage avait explosé dès la phase de montée, laissant derrière lui des traînées de débris incandescent au-dessus des Caraïbes, ce neuvième vol a atteint l’espace et franchi plusieurs paliers technologiques. Notamment, c’était la première fois que le propulseur Super Heavy utilisé avait déjà volé auparavant, inaugurant un tournant dans la stratégie de réutilisation de SpaceX. 

Le vaisseau transportait des simulateurs de satellites, qui n’ont toutefois pas pu être déployés. Une fuite de carburant, selon les premiers diagnostics relayés par France 24, aurait entraîné une perte de contrôle, rendant impossible la phase de rentrée atmosphérique. Le bouclier thermique, cependant, a bien fonctionné. Aucune tuile de protection n’a été perdue, une amélioration par rapport aux précédents vols.

SpaceX : entre ambition martienne et critiques terrestres 

L’homme derrière ce programme, Elon Musk, observait le vol depuis Starbase, vêtu de son tee-shirt signature « Coloniser Mars ». Car oui, au-delà de ces essais, c’est une mission bien plus vaste qui se dessine, faire de l’humanité une « espèce multiplanétaire », selon les termes mêmes du patron de Tesla et SpaceX. Mais cette ambition se heurte à plusieurs réalités. D’un côté, la fusée Starship est attendue pour jouer un rôle clé dans le programme Artemis de la NASA, qui prévoit un retour d’astronautes américains sur la Lune à l’horizon 2027. 

De l’autre, des critiques environnementales pèsent de plus en plus lourd. En 2023, plusieurs associations ont attaqué les autorités américaines, accusant la FAA (Federal Aviation Administration) d’avoir mal évalué l’impact écologique des lancements. Starbase se trouve à proximité de zones naturelles protégées. Et pourtant, début mai, la FAA a donné son feu vert à SpaceX pour porter le nombre de lancements annuels de Starship à vingt-cinq, contre cinq auparavant. Un signal clair que malgré les incidents, l’administration croit encore en ce programme.

Trois lancements toutes les douze semaines : Elon Musk accélère 

« Les trois prochains vols d’essai auront lieu à raison d’un toutes les trois à quatre semaines », a promis Elon Musk, toujours sur X, le 27 mai. Un calendrier intensif, risqué, mais cohérent avec la philosophie SpaceX : tester, échouer, corriger, recommencer. Une logique empirique qui a fait ses preuves sur Falcon 9, , mais qui, appliquée à Starship, atteint un niveau de complexité sans précédent.

L’explosion du 27 mai ne marque donc pas un recul, mais un point d’étape. Musk sait qu’il joue contre la montre, et contre ses détracteurs. Car l’objectif final est clair, envoyer une mission habitée vers Mars avant 2029. Et pour cela, il faut apprendre à échouer.

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