Relance de la production de munitions en France grâce à la Belgique

Jean Baptiste Giraud
Par Jean-Baptiste Giraud Publié le 22 mai 2024 à 18h30
Munition

La France et la Belgique ont récemment annoncé un partenariat stratégique visant à relancer la production de munitions de petit calibre en France. Cette collaboration, marquée par la coopération entre le fabricant belge FN Herstal et le gouvernement français, s'inscrit dans une démarche de renforcement de l'autonomie stratégique et de soutien à l'Ukraine.

Un partenariat stratégique pour une autonomie accrue

La France a cessé la production de munitions de petit calibre il y a plus de 15 ans, ce qui a entraîné une dépendance croissante envers les fournisseurs étrangers. Selon le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, la crise du Covid-19 a révélé cette vulnérabilité et a souligné la nécessité de rétablir une production nationale. En réponse, la France s'est tournée vers la Belgique, et plus précisément vers FN Herstal, pour établir une nouvelle ligne de production sur le sol français.

Le contrat prévoit l'achat de munitions directement auprès de FN Herstal, ainsi que la création d'une ligne de production de munitions en France. Cette initiative permettra de produire des munitions de calibres 5,56 mm, 7,62 mm et potentiellement 9 mm, couvrant ainsi une partie significative des besoins des ministères français des Armées et de l'Intérieur. La localisation exacte de cette nouvelle ligne de production sera déterminée d'ici la fin de l'été.

Outre le renforcement de l'autonomie stratégique française, ce partenariat vise également à soutenir l'Ukraine dans sa guerre contre la Russie. Les nouvelles munitions produites grâce à cet accord serviront à reconstituer les stocks des pays européens et à fournir une aide militaire à l'Ukraine.

Un partenariat aux multiples dimensions

Le partenariat entre la France et la Belgique ne se limite pas à la production de munitions. Il s'inscrit dans le cadre plus large du programme CaMo (Capacité Motorisée), visant à assurer une interopérabilité totale entre les armées de Terre des deux pays. Depuis 2018, la Belgique a intégré le système Scorpion, qui permet une synergie renforcée et une communication optimisée entre les unités déployées sur le terrain.

La deuxième phase du partenariat CaMo prévoit l'acquisition par la Belgique de 28 canons Caesar et de 24 véhicules Griffon équipés de mortiers. Ce renforcement de la coopération industrielle se concrétise également par l'ouverture récente d'une ligne d'assemblage de véhicules en Belgique et par l'inauguration prochaine d'une machine pour obus de 155 mm.

Un autre aspect crucial de ce partenariat est la fusion entre l'entreprise belge John Cockerill Defense et le fabricant français Arquus. Cette fusion vise à créer un champion européen des véhicules blindés légers, renforçant ainsi la position de l'Europe dans l'industrie de la défense. Les deux pays ont exprimé leur souhait de maintenir un contrôle significatif sur l'entreprise résultante de cette fusion.

Jean Baptiste Giraud

Journaliste éco, écrivain, entrepreneur. Dir de la Rédac et fondateur d’EconomieMatin.fr. Fondateur de Cvox.fr. Officier (R) de gendarmerie.