Les avions de combat Rafale F4, produits par le géant français Dassault Aviation, sont très recherchés. L’Inde pourrait bientôt passer une commande pour plusieurs dizaines d’appareils. Le contrat est estimé à près de 20 milliards de dollars.
L’Inde lorgne à nouveau sur le Rafale F4 de Dassault
La coopération militaire franco-indienne pourrait prendre encore de l’ampleur. En effet, l’Inde affiche un intérêt marqué pour commander 114 Rafales F4, dernière évolution de l’avion de chasse français. Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme Multi-Role Fighter Aircraft (MRFA), destiné à renouveler une flotte vieillissante.
L’Inde, confrontée à des tensions persistantes avec ses voisins chinois et pakistanais, s’engage dans une profonde transformation de ses forces aériennes. Le Rafale F4, développé par Dassault Aviation, figure en tête de la course à la fourniture de 114 avions multirôles, qui doivent remplacer les MiG-29B/UPG et les SEPECAT Jaguar, appareils désormais obsolètes. Ce programme MRFA, l’un des plus grands appels d’offres militaires actuels, cristallise les ambitions de New Delhi pour renforcer ses capacités opérationnelles.
Le contrat, estimé à plus de 18 milliards de dollars, soit environ 17 milliards d’euros, suscite la convoitise de plusieurs géants du secteur, de Boeing à Lockheed Martin, en passant par Saab ou Sukhoi. Pourtant, Dassault Aviation demeure le favori incontesté, fort de son expérience et de ses précédentes ventes en Inde, dont celle plus récente de 26 Rafale Marine. Ce choix ne s’explique pas seulement par la qualité technique de l’appareil, mais aussi par une confiance politique forte incarnée par les relations entre Narendra Modi et Emmanuel Macron.
Les défis contractuels : blocages et négociations à rallonge
Si l’accord franco-indien semble scellé sur le principe d’un contrat gouvernement à gouvernement (G2G), la signature tarde à se concrétiser, paralysée par deux obstacles majeurs. D’abord, la prudence extrême des autorités indiennes, qui exigent la ratification complète de toutes les clauses contractuelles avant de s’engager fermement. Le précédent récent du contrat pour les 26 Rafale Marine, signé après plus d’un an et demi d’attente, illustre cette lenteur administrative.
Le second et plus épineux point concerne le code source du Rafale. Pour New Delhi, disposer de ce précieux accès signifierait pouvoir adapter les avions aux armements conçus localement, notamment les missiles air-air Astra, air-sol Rudram et la bombe à guidage laser Sudarshan. Mais Dassault Aviation, en collaboration avec ses partenaires Safran, Thales et MBDA, oppose un refus catégorique. Ce verrouillage technologique traduit une volonté farouche de préserver le secret industriel et militaire français, tout en limitant les capacités d’autonomie indienne.








