Les scientifiques et le grand public restent scotchés aux mystères de l’atmosphère martienne, surtout depuis que le rover Curiosity de la NASA a filé des prises de vue impressionnantes. Les images montrent des nuages aux reflets irisés, avec des touches de rouge et de vert qui s’invitent dans le ciel de Mars. Même si ces phénomènes rappellent de près ce qu’on peut observer sur Terre, ils affichent des particularités bien à eux qui nous aident à mieux connaître la planète rouge.
Aperçu des nuages martiens
Les nuages sur Mars ne se composent pas uniquement d’eau comme ici. Sur la planète rouge, ils peuvent aussi renfermer du dioxyde de carbone gelé (c’est ce qu’on appelle la glace sèche). Les clichés récents, capturés par la Mastcam (la caméra embarquée du rover), révèlent des nuages noctiluques ou crépusculaires éclairés par le soleil couchant. Ces nuages, avec leur iridescence étonnante, offrent un effet « nacré » dans le ciel.
On ne voit ces nuages que quand ils atteignent des altitudes très élevées. Par exemple, ceux formés de glace de dioxyde de carbone se situent entre 60 et 80 kilomètres, tandis que les nuages d’eau se développent plutôt autour de 50 kilomètres. Ce phénomène se produit surtout au début de l’automne dans l’hémisphère sud martien.
Retour sur des observations passées
Les observations de nuages crépusculaires sur Mars ne sont pas nouvelles : la mission Pathfinder avait déjà relevé ce genre de phénomène en 1997. Ce n’est cependant qu’en 2019 que Curiosity s’est lancé dans une observation détaillée de ces merveilles. Depuis, chaque année martienne apporte son lot de formations célestes intrigantes. Mark Lemmon, scientifique atmosphérique à l’Institut des Sciences Spatiales, a mené une étude approfondie et se souvient : « Je me souviendrai toujours de la première fois où j’ai vu ces nuages iridescents… Maintenant, c’est devenu tellement prévisible qu’on peut organiser nos prises de vue à l’avance »
Les investigations de Curiosity permettent d’estimer la taille des particules et d’observer la manière dont ces nuages se développent. Pourtant, certains points restent encore à éclairer, notamment sur pourquoi ces nuages se forment toujours au même endroit.
Même si Curiosity, depuis son poste sur le Mont Sharp dans le cratère Gale, a déjà permis de lever bien des secrets, il subsiste quelques interrogations. Par exemple, on se demande pourquoi les nuages crépusculaires de glace de dioxyde de carbone ne se voient pas ailleurs sur Mars. D’ailleurs, le rover Perseverance, qui explore le cratère Jezero depuis 2021, n’a pas encore repéré ce genre de formations.
Une explication avancée par les chercheurs est que certaines zones pourraient favoriser la formation de ces nuages grâce à des ondes gravitationnelles qui viendraient refroidir l’atmosphère locale (cette idée, bien qu’intéressante, reste à approfondir). Mark Lemmon précise : « Le dioxyde de carbone n’était pas prévu pour se transformer en glace ici… Mais les ondes de gravité martiennes, on ne les a pas encore complètement déchiffrées ».
En parallèle de ses observations atmosphériques, Curiosity continue de fouiller la géologie martienne. Le rover a récemment terminé une étude du canal Gediz Vallis et se dirige désormais vers une zone où se trouvent des structures appelées boxwork (des formations rocheuses particulières). Une exploration dans le cratère surnommé « Rustic Canyon« , d’environ 20 mètres de large, a pour but de mettre au jour des formations géologiques mystérieuses qui pourraient renfermer des molécules organiques.








