Primaire à gauche : qui paiera la note militaire ?

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Primaire à gauche : qui paiera la note militaire ?
Primaire à gauche : qui paiera la note militaire ? | Armees.com

La gauche sociale-démocrate se déchire sur des mots, pendant que la France doit trouver des milliards pour financer sa défense. Derrière le spectacle de la primaire, une question budgétaire brûlante que personne ne pose : quelle gauche au pouvoir serait capable d’honorer la Loi de programmation militaire ? Car promettre sans financer, c’est désarmer.

413 milliards €

C’est le montant total prévu par la LPM 2024-2030 — un effort historique que le prochain gouvernement devra assumer, quelle que soit sa couleur politique.

La primaire de la distraction

Cent quarante mille votants, cinq candidats, et un débat qui tourne à l’infini autour d’un seul mot. On peut se demander si la gauche sociale-démocrate est encore capable de gouverner un pays dont les armées ont besoin de financements massifs, concrets, sanctuarisés. Pendant que Faure, Royal et Glucksmann s’écharpent sur la qualification juridique d’un conflit à des milliers de kilomètres, personne ne pose la question qui fâche : comment financez-vous les 413 milliards de la LPM ?

Ce silence est éloquent. La trajectoire budgétaire de la LPM prévoit une montée en puissance annuelle de l’ordre de trois milliards d’euros supplémentaires par exercice. Ce n’est pas une ligne comptable abstraite. Ce sont des frégates, des drones, des munitions, des soldats entraînés, des systèmes de commandement interopérables avec nos alliés. C’est la souveraineté, quantifiée et planifiée. Or, face à une dette publique de 3 460 milliards d’euros et des dépenses publiques à 58,2 % du PIB — record absolu parmi les grandes économies européennes — la marge de manœuvre est nulle si l’on n’t accepte pas de faire des choix ailleurs.

Ce que les chiffres disent, que les candidats taisent

Comparons. L’Allemagne consacre désormais 2,1 % de son PIB à la défense, après des décennies de sous-investissement assumé. Le Royaume-Uni s’approche des 2,5 %. La Pologne, directement exposée à la menace russe, atteint 4 %. La France, elle, peine à franchir durablement le seuil des 2 %, malgré les efforts réels de la LPM. Et encore : atteindre cet objectif suppose une discipline budgétaire d’ensemble que la gauche candidate au pouvoir n’a jamais, dans son histoire récente, été en mesure d’exercer.

Force est de constater que les programmes économiques esquissés dans cette primaire pointent tous dans la direction opposée : hausse des dépenses sociales, fiscalité alourdie sur les entreprises et le capital, remise en cause des réformes structurelles de ces dernières années. Ce cocktail est incompatible avec une montée en puissance du budget des armées. Quand on dépense plus partout, on finit par rogner quelque part — et l’histoire montre que c’est la défense qui trinque en premier.

L’équation impossible sans courage politique

Il n’y a pas de secret : financer une armée crédible dans un monde redevenu dangereux implique des arbitrages brutaux. La Suède l’a compris. Le Danemark l’a compris. Ils ont restructuré leur État, rationalisé leur fonction publique, aligné leurs régimes sociaux sur des réalités économiques. Résultat : des marges budgétaires réelles pour investir dans leur sécurité.

En France, on continue de croire qu’on peut tout avoir sans rien sacrifier. La primaire sociale-démocrate en est le symbole parfait : beaucoup de symboles, aucun chiffre sérieux, zéro arbitrage assumé. Le prochain locataire de Matignon héritera d’une LPM ambitieuse et d’une dette abyssale. Il devra choisir. Il serait temps que les candidats d’aujourd’hui expliquent comment.

La souveraineté ne se décrète pas dans un meeting. Elle se finance, ligne budgétaire après ligne budgétaire.

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