Le Premier ministre polonais Donald Tusk a alerté le Parlement, jeudi 17 septembre 2026, sur les intentions prêtées à Moscou dans la guerre contre l’Ukraine, indiquant que le plan russe, selon les évaluations des services de renseignement, inclut des attaques hybrides de drones et de missiles contre des pays soutenant l’Ukraine, y compris la Pologne, rapporte Paris Match.
Selon lui, cette évaluation émane directement des services de renseignement polonais. Tusk a évoqué un « risque réel » de voir des drones s’écraser sur le territoire d’un ou de plusieurs pays du flanc Est de l’Alliance atlantique.
Un scénario d’accident pour éviter l’article 5
D’après le Premier ministre, ces attaques poursuivraient un double objectif : affaiblir la cohésion globale de l’OTAN et convaincre ses membres que l’article 5, celui de la défense mutuelle, resterait davantage théorique que réel. En cas de dommages causés par ces frappes, le narratif officiel de Moscou consisterait à présenter l’incident comme accidentel, une manière de compliquer une riposte collective des pays membres.
L’enjeu juridique est concret. L’article 5 du traité de l’OTAN prévoit qu’une attaque contre un État membre est considérée comme une attaque contre l’ensemble de l’organisation. Mais si des drones russes s’écrasaient accidentellement sur le territoire d’un allié, cette disposition ne pourrait vraisemblablement pas être invoquée.
L’avertissement de Tusk fait écho à une série d’incidents survenus ces derniers mois. Des membres de l’OTAN situés à la frontière orientale, la Pologne, la Lettonie, la Roumanie et la Lituanie, ont dû abattre à plusieurs reprises des drones ayant pénétré leur espace aérien.
Jeudi 10 septembre, des avions de chasse polonais avaient déjà décollé à deux reprises après des alertes. Jusqu’à présent, l’hypothèse dominante restait que ces appareils visaient une cible ukrainienne ou russe, sans dévier intentionnellement de leur trajectoire.
Membre de l’OTAN et de l’Union européenne, la Pologne partage ses frontières avec l’Ukraine, le Bélarus et l’enclave russe de Kaliningrad. Depuis le début de l’offensive russe en février 2022, Varsovie a déjà accusé la Russie de sabotage à plusieurs reprises. Le territoire polonais constitue par ailleurs la principale voie de transit de l’aide militaire et humanitaire occidentale à destination de l’Ukraine.
Donald Tusk devait se rendre en Ukraine le vendredi 18 septembre, où il avait prévu de retrouver son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, ainsi que le Premier ministre slovaque Robert Fico. Devant le Parlement, il a également évoqué une intensification attendue des bombardements russes en Ukraine dans les semaines à venir, qualifiant la période actuelle de moment le plus critique du conflit à ce jour.








