Porte-avions : le chantier du successeur du Charles de Gaulle débute 14 ans avant sa livraison

Jean Baptiste Le Roux
Par Jean-Baptiste Leroux Publié le 22 mai 2024 à 15h17
Le chantier du successeur du porte-avions Charles de Gaulle a débuté. Wikipedia

D'après le quotidien Les Echos, Le chantier du successeur du porte-avions Charles-de-Gaulle est en marche, bien que sa livraison soit prévue pour 2038. Les équipes des Chantiers de l'Atlantique et de Naval Group s'activent déjà autour de ce projet pharaonique, synonyme de prouesse technologique et de mobilisation industrielle sans précédent.

Un projet d'envergure pour le prochain porte-avions français

Le nouveau porte-avions français, également connu sous le nom de Porte-Avions Nouvelle Génération (PANG), commence à prendre forme dans les Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire, croit savoir le quotidien Les Echos. Bien que sa livraison ne soit prévue que pour 2038, les travaux ont déjà débuté, nécessitant une organisation minutieuse et des investissements colossaux.

Laurent Castaing, directeur des Chantiers de l'Atlantique, a affirmé lors d'une conférence à Nantes que les délais et les coûts seront respectés. Le chantier, estimé à cinq milliards d'euros, est crucial non seulement pour la défense française mais aussi pour la réputation des chantiers, qui alternent entre la construction de paquebots et de navires militaires. Cette diversité d'activités est un atout majeur, permettant d'acquérir et de maintenir des compétences variées indispensables à la construction de ce géant des mers.

Une collaboration industrielle inédite

Naval Group, en partenariat avec TechnicAtome, joue un rôle clé dans ce projet, notamment en ce qui concerne les chaufferies nucléaires qui seront intégrées à la coque assemblée à Saint-Nazaire. Un programme d'investissement de 200 millions d'euros est en cours à Indret pour moderniser les installations nécessaires à la construction de ces éléments cruciaux.

Bertrand Schruoffeneger, directeur du site d'Indret, a souligné aux Echos l'importance de cette transformation, précisant que les dimensions exceptionnelles du porte-avions nécessitent la reconstruction de certaines parties des bâtiments existants. Cette modernisation s'accompagne également d'un maintien des recrutements, avec 150 embauches en CDI par an.

Une base navale temporaire à Saint Nazaire

L'impact du projet PANG dépasse le cadre des chantiers navals. Saint-Nazaire devra accueillir une base navale temporaire pour plusieurs centaines de marins, ce qui entraînera des besoins accrus en infrastructures locales, comme les transports, les logements et les services.

Le successeur du Charles-de-Gaulle représente non seulement un défi technologique mais aussi un moteur économique et industriel pour la région. Avec une part de l'industrie française estimée entre 70% et 80% de la valeur totale du navire, ce projet phare renforcera la position de la France en tant que leader dans la construction navale militaire et civile.

300 nouveaux salariés par an pendant dix ans

La réalisation du PANG nécessite une main-d'œuvre considérable. Les Chantiers de l'Atlantique prévoient de recruter 500 nouveaux salariés cette année, avec une augmentation annuelle de 300 employés pendant une décennie. En plus des recrutements locaux, il sera nécessaire de faire appel à des travailleurs étrangers pour pallier le manque de main-d'œuvre spécialisée en France.

Le PANG, avec ses deux réacteurs nucléaires et ses équipements complexes, requiert des compétences pointues, notamment en tuyauterie et en électricité nucléaire. Pour répondre à ces exigences, l'entreprise investit entre 40 et 50 millions d'euros dans des infrastructures et des équipements adaptés. Malgré cette ouverture internationale, certaines parties sensibles du navire resteront réservées aux travailleurs français pour des raisons de sécurité.

Jean Baptiste Le Roux

Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame, en charge du site web. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme (IEJ) et membre de l'Association des Journalistes de Défense. Il publie de temps en temps dans la presse économique spécialisée.