Drones de reconnaissance : le RQ-35 danois entre dans un circuit d’achat de l’OTAN

Le constructeur danois Sky-Watch a été retenu dans un accord-cadre de l’agence d’acquisition de l’OTAN pour son drone de reconnaissance RQ-35 Heidrun. Les pays participant au dispositif disposent désormais d’une voie d’achat simplifiée, sans qu’une nouvelle commande soit annoncée.

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Drones de reconnaissance : le RQ-35 danois entre dans un circuit d’achat de l’OTAN © Armees.com

Le drone de reconnaissance RQ-35 Heidrun, conçu au Danemark, est désormais accessible aux pays participant à un dispositif d’achat de l’OTAN. Sa maison mère américaine AIRO Group Holdings a annoncé, le 28 octobre 2026, que Sky-Watch avait été sélectionné dans un accord-cadre de l’Agence OTAN de soutien et d’acquisition (NSPA). L’enjeu porte d’abord sur la manière d’acheter et de soutenir les équipements, plutôt que sur une livraison déjà décidée.

Un accord-cadre pour accélérer les acquisitions

Selon le communiqué d’AIRO Group Holdings diffusé le 28 octobre, l’accord a été attribué dans le cadre du programme AGS & UAS de la NSPA, pour le compte de son partenariat consacré aux systèmes aériens sans pilote. Les États qui participent à ce mécanisme peuvent ainsi acquérir le RQ-35 par un circuit de commande commun, plutôt que de devoir négocier séparément toutes les conditions avec le fournisseur.

Il s’agit d’un accord-cadre, pas de l’annonce d’une commande ferme. Aucun pays acheteur, nombre d’appareils, montant contractuel ou calendrier de livraison n’a été communiqué. Le constructeur obtient un accès facilité à des clients potentiels ; les achats effectifs dépendront des décisions des États concernés. Cette distinction est également relevée par le média spécialisé Aviation24.

Pour les armées, l’intérêt d’une telle procédure tient aussi au soutien après acquisition : formation, pièces, maintenance et disponibilité des systèmes conditionnent leur emploi sur la durée. L’agence multinationale peut simplifier ces démarches, mais les modalités précises de soutien associées à chaque future commande restent à établir.

Un petit appareil conçu pour le renseignement tactique

Le RQ-35 Heidrun est un drone à voilure fixe lancé à la main, destiné au renseignement, à la surveillance, à la reconnaissance et à l’acquisition d’objectifs. AIRO annonce une autonomie pouvant atteindre deux heures et demie, un déploiement possible par un seul opérateur et des fonctions d’intelligence artificielle embarquée proposées en option. Ces caractéristiques sont celles communiquées par le fabricant, et non les résultats d’une évaluation indépendante publiée par la NSPA.

Sky-Watch présente l’appareil comme éprouvé dans plusieurs zones de conflit, notamment en Ukraine. Les enseignements de la guerre ont accru l’attention portée aux drones capables de fournir rapidement des images aux unités de terrain, dans des environnements où les communications et la navigation peuvent être perturbées. Un drone de reconnaissance non armé répond ici à un besoin différent de celui des munitions téléopérées ou des systèmes d’interception.

Ce que cette décision change pour les alliés européens

Le mécanisme s’inscrit dans un mouvement plus large de mutualisation des achats militaires. L’OTAN décrit plusieurs programmes multinationaux destinés à rapprocher les besoins des armées et à faciliter l’acquisition de capacités compatibles entre alliés, notamment dans les drones, la surveillance et la formation.

Pour la France, membre de l’Alliance et engagée dans l’adaptation de ses capacités de renseignement, le sujet illustre l’évolution des marchés européens de drones : des équipements conçus par des industriels relativement spécialisés peuvent rejoindre des canaux d’achat collectifs. Aucune acquisition française du RQ-35 n’a été annoncée dans le cadre de cet accord.

Sky-Watch appartient à AIRO, groupe coté aux États-Unis mais disposant d’activités industrielles au Danemark. L’accord offre donc une nouvelle perspective commerciale à une plateforme développée en Europe. Son effet opérationnel dépendra désormais des commandes que les pays partenaires choisiront, ou non, de passer.

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