Nouvelle Calédonie : comment la France mobilise ses Armées pour maintenir la sécurité

Jean Baptiste Le Roux
Par Jean-Baptiste Leroux Publié le 3 juin 2024 à 14h29
Nouvelle Calédonie Défense.gouv

À la suite des violentes émeutes survenues en mai en Nouvelle-Calédonie, les armées françaises ont été déployées pour soutenir les Forces de sécurité intérieure. Cette intervention vise à protéger les infrastructures, assister la population et assurer une logistique efficace entre la France et l'île.

Le contexte de cette intervention militaire

Le 13 mai dernier, la Nouvelle-Calédonie a été secouée par des émeutes violentes, poussant le président Emmanuel Macron à déclarer l'état d'urgence dès le 15 mai. Cette situation exceptionnelle a conduit à la mobilisation des Forces armées de Nouvelle-Calédonie (FANC) pour apporter un soutien crucial aux Forces de sécurité intérieure (FSI). Les forces armées en Nouvelle-Calédonie (FANC) font partie des forces de souveraineté françaises implantées sur les départements et collectivités d’outre-mer. Ces forces ont pour mission d'assurer la protection du territoire national et des populations sur place.

Le ministre des Armées a annoncé le 16 mai que, sur réquisition du Haut-Commissaire de la République, les FANC ont été chargées d'une mission multifacette. Ce déploiement inclut la protection des infrastructures essentielles, l'assistance à la population et la mise en place d'un pont aérien vital entre la France métropolitaine et la Nouvelle-Calédonie. Ce soutien est essentiel pour maintenir l'ordre et assurer la continuité des services dans une région perturbée.

Outre la protection des infrastructures, les FANC jouent un rôle crucial dans l'assistance à la population. Les formations militaires de la Sécurité civile collaborent avec des entreprises privées pour dégager les routes et assurer la circulation des biens et des personnes. Les FANC se sont également engagées dans la distribution de vivres, d'eau potable, de médicaments et de matériel de première nécessité. Le Service de santé des armées (SSA) est mobilisé pour garantir la continuité des soins, même dans les zones les plus reculées de l'île. Cette assistance médicale est cruciale pour répondre aux besoins urgents des habitants et maintenir un niveau de soins adéquat.

Quel rôle pour l'Armée dans la crise calédonienne ?

La première mission des FANC consiste à protéger les infrastructures essentielles, tant civiles que militaires. Cette tâche est principalement dévolue au régiment d'infanterie de marine du Pacifique – Nouvelle-Calédonie (RIMaP-NC). Ce régiment assure la surveillance et la protection continue des installations, en particulier les aéroports, qui sont des points névralgiques pour la logistique et le transport. Les compagnies de ce régiment se relaient régulièrement pour maintenir une présence constante et garantir la sécurité de ces sites stratégiques. Cette protection permet de sécuriser les axes de transport et de communication, essentiels pour l'acheminement des renforts et des fournitures nécessaires à la gestion de la crise.

Enfin, la mise en place d'un pont aérien entre la France métropolitaine et la Nouvelle-Calédonie a été un élément central de la réponse militaire. Dès le 16 mai, ce dispositif a permis d'acheminer rapidement des renforts en personnel et en matériel. Plus de vingt vols militaires intercontinentaux ont été réalisés, transportant des policiers, des gendarmes et des équipements essentiels. Ces liaisons aériennes ont non seulement permis de renforcer les capacités locales de maintien de l'ordre, mais aussi de faciliter le retour des citoyens étrangers souhaitant quitter l'île. Le chef d'état-major de l'armée de l'Air et de l'Espace a souligné la performance exceptionnelle de ce dispositif, avec plus de 800.000 km parcourus en seulement dix jours.

Jean Baptiste Le Roux

Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame, en charge du site web. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme (IEJ) et membre de l'Association des Journalistes de Défense. Il publie de temps en temps dans la presse économique spécialisée.