La guerre au Moyen-Orient pourrait-elle s’étendre jusqu’en Europe ? Toujours est-il que l’Iran estime désormais que l’Ukraine est une « cible légitime ». La raison ? Le soutien de Kiev à Israël depuis le début du conflit.
L’Ukraine, prochaine cible de l’Iran ?
Ebrahim Azizi, président de la Commission de la sécurité nationale du parlement iranien, affirme que l’Ukraine fait désormais partie des « cibles légitimes » du régime iranien dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient. Cette déclaration intervient alors que Téhéran accuse Kiev d’avoir soutenu l’effort militaire israélien, notamment en matière de drones.
L’annonce a immédiatement retenu l’attention des observateurs militaires. Elle introduit en effet un nouveau paramètre dans un conflit déjà complexe, reliant indirectement la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient. Pour comprendre cette prise de position, il faut analyser à la fois les accusations iraniennes, le rôle technologique de l’Ukraine dans la lutte contre les drones iraniens et la question cruciale de la portée des missiles de Téhéran.
Pourquoi l’Iran considère-t-il l’Ukraine comme une cible légitime dans la guerre avec Israël ?
La position iranienne repose principalement sur l’accusation selon laquelle Kiev aurait aidé Israël à contrer les drones iraniens. Téhéran estime que cette assistance militaire équivaut à une participation indirecte au conflit. Ebrahim Azizi a déclaré qu’« en raison de son soutien à Israël, l’Ukraine peut être considérée comme une cible légitime ». Cette accusation vise particulièrement l’expertise ukrainienne en matière de guerre anti-drone.
Depuis plusieurs années, l’Ukraine a en effet acquis une expérience unique dans ce domaine. Elle affronte régulièrement des drones de conception iranienne, utilisés par la Russie dans la guerre déclenchée en 2022. Moscou aurait reçu environ 600 drones iraniens au début de cette coopération militaire, utilisés pour frapper des infrastructures ukrainiennes.
Ce contexte a transformé l’Ukraine en un véritable laboratoire de la guerre anti-drone. Ses forces armées ont développé des systèmes de détection, d’interception et de guerre électronique particulièrement efficaces. Selon des données militaires ukrainiennes relayées par des médias internationaux, environ 80 % des drones ennemis seraient interceptés par les défenses du pays.
L’Iran peut-elle atteindre directement l’Ukraine ?
Cette expertise attire désormais l’attention de nombreux États confrontés aux mêmes menaces. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a confirmé que plusieurs pays sollicitent l’aide de Kiev dans ce domaine. Selon ces informations, onze pays auraient demandé l’assistance technique de l’Ukraine pour améliorer leurs défenses contre les drones iraniens. Ce phénomène illustre l’importance stratégique prise par la technologie développée par Kiev depuis le début de la guerre avec la Russie.
La question militaire centrale reste toutefois la capacité réelle de l’Iran à frapper l’Ukraine. Sur le plan géographique, la distance entre Téhéran et Kiev dépasse largement 2 000 kilomètres, ce qui limite fortement les possibilités d’une frappe directe. Toutefois, l’Iran possède un arsenal de missiles balistiques de longue portée. Plusieurs modèles développés par Téhéran peuvent atteindre des distances supérieures à 1 500 kilomètres. Certains systèmes expérimentaux ou modernisés seraient même capables d’aller plus loin.
Malgré cela, atteindre directement le territoire ukrainien depuis l’Iran resterait extrêmement complexe sur le plan stratégique. Une telle frappe devrait traverser plusieurs espaces aériens et exposerait immédiatement Téhéran à une réaction internationale majeure. En pratique, l’Iran agit plutôt par l’intermédiaire de partenaires régionaux ou de transferts d’armes. La coopération militaire avec la Russie en est l’exemple le plus évident. Depuis 2022, Moscou utilise des drones Shahed, conçus en Iran, pour mener des attaques contre des infrastructures ukrainiennes.








