Face à la montée en puissance de la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine, l’Allemagne revoit sa stratégie de réarmement allemand. Alors que les États-Unis laissent entendre qu’ils pourraient réduire leur soutien financier en Europe, Berlin envisage de se positionner comme la première puissance militaire conventionnelle du continent. Le défi porte à la fois sur ses industries historiques et sur l’intégration de technologies avancées comme les drones high-tech.
Un budget à la hauteur de l’ambition
Le chancelier allemand Friedrich Merz veut passer à l’acte et promet d’investir des investissement de taille. Une enveloppe de 377 milliards d’euros est prévue pour la période 2024-2034, selon des documents obtenus par Politico. Sur ce montant, 88 milliards d’euros iront à des entreprises liées à Rheinmetall, le numéro un de l’industrie de l’armement. Ce choix suscite des critiques sur le déséquilibre entre technologies classiques et innovations.
Plusieurs voix s’élèvent, notamment celle de Gundbert Scherf, cofondateur de la start-up Helsing. Créée en 2021 et valorisée à 12 milliards d’euros, cette entreprise fournit déjà des drones d’attaque à l’Ukraine. Scherf plaide pour un réalignement des dépenses vers les systèmes autonomes, aujourd’hui nettement sous-financés.
Drones : le nerf de la guerre moderne
Le ministre de la Défense alloue un fonds spécifique de 10 milliards d’euros aux drones pour faire face à la menace des drones. Ces appareils jouent plusieurs rôles — espionnage, ravitaillement, frappes — et sont devenus incontournables sur les théâtres d’opérations. Par rapport aux équipements traditionnels, les drones sont relativement bon marché et peuvent neutraliser des systèmes ennemis coûteux sans exposer de soldats.
Pour autant, des acteurs influents de l’industrie défendent les armes classiques. Armin Papperberger, PDG de Rheinmetall, rappelle que « Sans véhicules blindés, il est impossible de défendre un pays ou de repousser un agresseur », cite BFMTV. Selon lui, dans une éventuelle guerre impliquant l’OTAN, le rôle des drones serait moins prépondérant que ce que l’on observe en Ukraine.








