La Corée du Nord a récemment diffusé des images de son premier sous-marin à propulsion nucléaire en cours de construction, ce qui a attiré l’attention à l’international. Cette démarche marque une évolution notable de la puissance militaire du pays, dirigé par Kim Jong-un, et soulève de nouvelles questions sur les conséquences stratégiques dans la région. La volonté affichée par Pyongyang de développer des capacités militaires avancées traduit ses ambitions sur la scène mondiale et renforce les tensions déjà présentes avec ses voisins et partenaires internationaux.
Des progrès suivis de près
Diffusées par l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA et la télévision centrale coréenne KCTV, les images montrent Kim Jong-un en train d’inspecter un sous-marin de 8 700 tonnes, rapporte Le Figaro. Ce sous-marin, dont la coque est pour grande partie achevée, se trouve au chantier naval de Sinpo. Il est apparu pour la première fois en juillet 2019, lorsque KCNA l’a présenté comme un modèle « nouveau » mais qui s’inspire en réalité d’un sous-marin de type Romeo modifié. En mars dernier, de nouvelles images ont été publiées, montrant Kim devant une coque de grande dimension.
Le projet est présenté par Kim Jong-un comme une « tâche urgente ». La priorité donnée à ce chantier montre l’importance qu’y accorde Pyongyang pour la sécurité nationale du pays. Décrit par les autorités nord-coréennes comme « l’un des principaux moyens offensifs sous-marins », ce sous-marin pourrait renforcer la posture de dissuasion maritime de la Corée du Nord.
Les capacités et la technologie embarquées
Une extension d’environ 6 mètres a été ajoutée à l’arrière du bâtiment, et le sous-marin est équipé de 10 tubes de lancement verticaux, répartis en 4 grands et 6 petits tubes. Ces dispositifs lui permettraient d’emporter des missiles balistiques comme le Pukguksong-1 et des missiles de croisière Hwasal-2, susceptibles potentiellement de transporter une ogive nucléaire. Les images récentes montrent la coque recouverte d’une peinture anticorrosion, ce qui confirme l’avancement significatif des travaux.
Pour autant, la Corée du Nord ne maîtrise pas encore la propulsion nucléaire, à la différence des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni, de la Chine, de l’Inde et de la Russie, qui sont des acteurs majeurs dans ce domaine avec leurs sous-marins nucléaires. Certaines hypothèses avancent que le soutien militaire nord-coréen à Moscou pour 2024 pourrait faciliter des transferts technologiques, renforçant ainsi les capacités nucléaires de Pyongyang.








