Kiev a commandé 16 Rafale, mais ses pilotes n’en ont jamais piloté un seul : leur formation commence le mois prochain en France

Novembre marque un tournant : les pilotes ukrainiens s’entraîneront enfin sur Rafale français, avant un transfert express de quatre appareils vers l’Ukraine. Un calendrier serré qui cache bien des enjeux stratégiques.

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Kiev a commandé 16 Rafale, mais ses pilotes n'en ont jamais piloté un seul : leur formation commence le mois prochain en France
Kiev a commandé 16 Rafale, mais ses pilotes n’en ont jamais piloté un seul : leur formation commence le mois prochain en France © Armees.com

La ministre des Armées, Catherine Vautrin, l’a confirmé jeudi 8 octobre 2026 devant les députés : les premières formations de pilotes ukrainiens sur l’avion de combat français Rafale débuteront en novembre. L’annonce a été faite lors d’une audition à l’Assemblée nationale, rapporte BFMTV.

  1. Kiev a prévu d’acheter 16 Rafale ainsi que leurs armements. Cet achat découle d’une feuille de route conclue entre la France et l’Ukraine en juillet 2026. À l’époque, Emmanuel Macron avait envisagé que les premiers appareils volent dans le ciel ukrainien dès 2028-2029.
  2. Quelques mois plus tôt, le président français et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky avaient signé une déclaration d’intention portant sur un objectif bien plus large : l’achat, à terme, de 100 Rafale avec leurs armements, sur un horizon d’une dizaine d’années.

Un entraînement progressif avant le passage sur Rafale

Le programme de formation ne commence pas directement sur les avions de chasse. Les pilotes ukrainiens passeront d’abord par des appareils d’entraînement, des Dornier Alpha Jet et des Grob G-120TP, indispensables pour maîtriser la dynamique de vol, la navigation et les manœuvres tactiques avant d’aborder des systèmes de chasse avancés. Une fois ce cycle achevé, les quatre premiers Rafale seront immédiatement transférés en Ukraine.

Le ministre délégué aux Affaires européennes, Benjamin Haddad, avait déjà évoqué ce chantier sur le plateau de franceinfo, un mardi dont la date précise n’a pas été communiquée. « Nous avons, en ce moment, une discussion avec les Ukrainiens pour envoyer des Rafale, non pas pilotés par des Français mais par des pilotes ukrainiens », avait-il expliqué, précisant avoir « lancé le travail sur la formation de ces pilotes ».

Des discussions sont aussi en cours, selon lui, pour garantir que ces avions soient pilotés par du personnel ukrainien au sein de leur propre espace aérien.

Zelensky avait lui-même anticipé ce calendrier en juillet 2026, indiquant que la phase de formation des techniciens et des pilotes débuterait en France avant la fin de l’année. Il s’était réjoui, en début de semaine précédant l’audition du 8 octobre, de voir ce projet prendre forme, indiquant que des pilotes ukrainiens commenceraient bientôt leur formation sur les avions Rafale français en France et que cela constituait une avancée majeure pour l’aviation de combat ukrainienne.

Les Mirage-2000 déjà en première ligne

En attendant l’arrivée des Rafale, l’armée de l’air ukrainienne s’appuie déjà sur des Mirage 2000 fournis par la France. Ces appareils servent à la défense aérienne et à l’interception des missiles russes. Depuis quelques mois, ils permettent aussi à Kiev de se défendre face aux drones à réaction, de plus en plus employés par Moscou et difficiles à intercepter en raison de leur vitesse et de leur altitude.

Deux Mirage 2000 devaient être livrés d’ici la fin du premier trimestre 2026, selon certaines informations, avec un objectif à long terme d’en intégrer au moins six à la flotte ukrainienne. Ce programme comprenait également une formation technique complète pour les équipes de maintenance et le personnel navigant.

Devant les députés, Catherine Vautrin a tenu à cadrer l’ampleur de cet engagement français. Elle a qualifié l’aide à l’Ukraine d’« utile, mais qui doit être soutenable dans la durée ». Et elle a ajouté, en réponse à ceux qui la jugeraient excessive, qu’à ceux qui jugent cet effort excessif, elle rappelle ce que coûterait à la sécurité de la France une victoire de l’agresseur.

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