Face à Israël, l’Iran, combien de divisions ?

Jean Baptiste Le Roux
Par Jean-Baptiste Leroux Publié le 16 avril 2024 à 14h41
L'Iran a-t-elle les moyens de faire la guerre à Israël ? Photo de Hadi Yazdi Aznaveh sur Unsplash

L'Iran a mené récemment une attaque directe et sans précédent contre Israël, marquant un tournant historique dans leurs relations conflictuelles. Cet événement soulève des questions sur la capacité militaire iranienne en cas d'escalade de la violence. L'Iran a-t-elle les moyens de ses ambitions régionales ? Qui plus est face à Israël ?

Les effectifs de l'armée iranienne

L'Iran dispose actuellement de deux structures militaires principales : l'armée régulière, l'Artesh, et les Gardiens de la révolution, les Pasdarans. L'Artesh compte environ 350.000 hommes, divisés en armée de terre, marine, armée de l'air, et forces spéciales. D'autre part, les Pasdarans, comptant 300.000 hommes, jouent un rôle clé dans la protection de l'idéologie et la sécurité du régime. Cette force paramilitaire est directement sous l'autorité du Guide suprême, Ali Khamenei, qui exerce un contrôle complet sur les aspects de défense et de sécurité nationale.

Les Pasdarans bénéficient de la majorité du budget de défense, accédant ainsi aux armements les plus modernes et aux technologies avancées. Leur rôle ne se limite pas à la défense territoriale ; ils orchestrent également des opérations extérieures via leur division internationale, Al Qods. En revanche, l'Artesh, bien que plus grande, est perçue comme moins fiable par le régime, et ses équipements, bien que nombreux, sont souvent désuets et moins bien entretenus.

Armement : les points faibles de l'Iran

L'Iran a considérablement développé son industrie militaire depuis une quarantaine d'années, atteignant une quasi-autosuffisance en production d'armements. Cette industrie, largement soutenue par les Gardiens de la révolution, inclut des missiles, des drones, des chars, et des systèmes de défense antiaérienne. Toutefois, l'aviation reste le talon d'Achille de l'Iran, avec un nombre limité d'appareils de combat, dont beaucoup datent d'avant la révolution de 1979.

Malgré les efforts d'indépendance, l'Iran reste dépendant de sources extérieures pour certaines technologies, notamment russes. De plus, la majorité de son arsenal lourd est obsolète, une faiblesse notable dans un contexte de guerre moderne. Les sanctions internationales continuent de limiter l'accès à des technologies de pointe, particulièrement dans les domaines de l'aviation et des technologies maritimes. Un cadre qui limiterait considérablement ses ambitions, notamment face à Israël.

Jean Baptiste Le Roux

Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame, en charge du site web. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme (IEJ) et membre de l'Association des Journalistes de Défense. Il publie de temps en temps dans la presse économique spécialisée.