Ils ont recréé un loup disparu depuis 10 000 ans… et ce n’est que le début

Des loups géants aux mammouths, la biotechnologie ouvre la voie à une résurrection étonnante des espèces disparues.

Publié le
Lecture : 2 min
La résurrection des espèces éteintes : un rêve devenu réalité ?
Ils ont recréé un loup disparu depuis 10 000 ans… et ce n’est que le début © Armees.com

On ne parle plus seulement de science-fiction quand il s’agit de faire revivre des espèces disparues depuis des millénaires. Grâce aux progrès en biotechnologie, l’idée de ramener ces animaux nous séduit autant qu’elle soulève des questionnements éthiques. Colossal Biosciences, cette boîte de biotechnologie basée à Dallas, mène la danse. Récemment, elle a fait sensation en annonçant la naissance de chiots qui arborent les traits caractéristiques des loups géants, une espèce qui a disparu d’Amérique du Nord il y a plus de 10 000 ans.

Les projets ambitieux de Colossal Biosciences

Colossal Biosciences ne s’arrête pas aux loups géants. La boîte met aussi la main à la pâte pour faire revivre d’autres espèces marquantes comme le mammouth laineux, le thylacine (qu’on appelle aussi tigre de Tasmanie) et le dodo. Chaque projet a pour but non seulement de recréer ces animaux, mais aussi de leur redonner leur rôle dans la nature.

Pour le mammouth laineux, l’idée est de transformer un éléphant d’Asie afin qu’il puisse vivre dans des climats froids, reprenant ainsi le job des mammouths d’antan. Dans le cas du thylacine, Colossal part du dunnart à queue grasse pour faire apparaître les caractéristiques propres au thylacine. Quant au dodo, le projet s’appuie sur le pigeon Nicobar, qui est un parent proche vivant du fameux oiseau disparu.

Techniques innovantes et défis éthiques

Ramener les espèces disparues s’appuie sur des méthodes de pointe comme l’élevage sélectif, le clonage et la biologie synthétique grâce à l’édition du génome. Par exemple, l’outil Crispr permet aux chercheurs de modifier des parties spécifiques dans le génome d’un animal apparenté pour recréer certains traits perdus. En 2003, une équipe espagnole avait même réussi à cloner un bouquetin des Pyrénées (éteint en 2000), même si le petit animal n’a pas tenu très longtemps (il est mort peu après sa naissance).

Pour copier les traits essentiels du loup géant dans le génome d’un loup gris, Colossal a réalisé 20 modifications génétiques. Mais ça en soulève des questions sérieuses : jusqu’où peut-on dire qu’une espèce a vraiment refait surface ? Ces animaux ne sont pas des copies conformes des espèces disparues, mais plutôt des hybrides ou des équivalents fonctionnels.

Implications écologiques et applications futures

Au-delà de l’attrait scientifique, ces techniques pourraient bien modifier la donne sur le plan écologique. Redonner aux animaux leur place dans la nature pourrait s’avérer bien plus important que de reproduire exactement les génomes disparus. Elles pourraient aussi servir à sauver des espèces menacées, en boostant leur diversité génétique ou en éliminant des mutations problématiques.

L’édition génétique ouvre aussi la porte à des améliorations, similaires à la fusion génétique entre lignées humaines anciennes pour rendre les espèces vulnérables plus résistantes aux maladies ou aux changements climatiques. Prenez le cas du rhinocéros blanc du Nord : il en reste seulement deux femelles, et on utilise déjà le clonage et la reproduction assistée pour essayer de sauver cette espèce.

La possibilité de faire revivre des espèces éteintes pourrait bien transformer notre manière de protéger la nature, tout comme la réanimation d’un nématode après 46 000 ans et offrir une chance inédite de réparer des écosystèmes abîmés, tout en gardant vivant l’héritage génétique de ces animaux menacés. Toutefois, utiliser ces techniques demande de la rigueur pour qu’on assure un futur viable pour notre planète et ses habitants.

Source : Time Magazine

Laisser un commentaire

Share to...