En réponse à une série de frappes russes d’une intensité inégalée sur Kiev, le ministre ukrainien de la Défense, Evgueniï Khmara, a décidé d’annuler ses visites diplomatiques prévues en Allemagne et en Norvège. Cette décision, annoncée le 29 septembre 2026, montre l’importance accordée à la coordination immédiate des capacités de riposte face aux attaques, au détriment des négociations diplomatiques pourtant essentielles pour l’approvisionnement militaire.
Une présence ministérielle requise sur le terrain
La multiplication des attaques russes sur la capitale ukrainienne a poussé Khmara à annuler sa rencontre avec son homologue allemand, Boris Pistorius, à Berlin. Selon une source du ministère de la Défense ukrainien, « Evgueniï Khmara a reporté ses visites en Allemagne et en Norvège, prévues cette semaine, en raison de la situation en Ukraine et de l’intensification des attaques russes, qui exigent une attention immédiate et l’accélération de toutes les mesures de riposte ». Depuis plusieurs jours, Kiev subit des bombardements constants, nécessitant une présence continue au centre opérationnel de commandement.
Le 28 septembre, l’Académie des Sciences de Kiev a été la cible d’une attaque meurtrière causant au moins un mort et plusieurs blessés. Les missiles et drones russes frappent sans distinction, visant à déstabiliser la chaîne de commandement ukrainienne et à saturer ses capacités de défense antiaérienne.
Implications pour la chaîne de commandement ukrainienne
Nommé à l’été 2026, Evgueniï Khmara fait face à son premier grand test en tant que ministre de la Défense. Son choix d’annuler des rencontres diplomatiques de haut niveau montre une préférence pour la supervision directe des opérations sur le terrain. Dans les armées modernes, la question de la délocalisation du commandement en temps de crise est débattue, certains privilégiant la diplomatie continue, d’autres la gestion directe des ripostes tactiques.
Khmara opte pour la seconde approche, soulignant l’importance d’une autorité décisionnelle immédiate pour ajuster les défenses aériennes, réorganiser les moyens de contre-batterie et coordonner les évacuations civiles. Les discussions prévues le 22 septembre avec le commissaire européen Andrius Koubilius sur le déficit budgétaire de défense devront se poursuivre par visioconférence sécurisée.
Maintien de la coordination avec les alliés malgré l’annulation
Le ministère ukrainien a précisé que « les discussions avec nos partenaires se tiendront sous d’autres formes, et nous leur sommes reconnaissants de leur soutien ». Les formats de négociation militaire évoluent vers des conférences sécurisées multilatérales, permettant de maintenir le rythme des décisions d’approvisionnement tout en préservant les capacités opérationnelles nationales.
L’Allemagne, principal fournisseur de systèmes antiaériens à l’Ukraine, pourrait accélérer ses livraisons pour compenser l’absence de validation diplomatique formelle. La Norvège, impliquée dans la formation des forces ukrainiennes, pourrait ajuster ses déploiements d’instructeurs. L’annulation de Khmara n’affecte pas la coopération, mais modifie temporairement ses modalités.
Dans un contexte où la protection des populations civiles devient centrale, la décision ukrainienne souligne que la diplomatie de défense est subordonnée aux impératifs opérationnels immédiats. L’efficacité d’un ministre de la Défense se mesure autant à sa capacité de négociation qu’à sa réactivité tactique face aux menaces en temps réel.








