L’Admiral Kouznetsov, le seul porte-avions de la Russie, tire sa révérence après des décennies de hauts et de bas. Construit dans les années 1980 à Mykolaïv (en Ukraine aujourd’hui), ce mastodonte de 300 mètres rappelle une époque où Moscou rêvait de rivaliser avec les grands acteurs navals mondiaux. Mais entre rénovations hors de prix et pépins techniques incessants, sa mise au rebut ferme un chapitre de l’histoire de la marine russe.
Un parcours semé d’embûches
Ce porte-avions appartient à la classe des croiseurs porte-aéronefs lourds (TAVKR), conçue pour contourner la Convention de Montreux qui empêche les porte-avions de passer par le Bosphore. Propulsé au mazout lourd, il s’est vu attribuer le surnom peu flatteur de « navire fumeur » à force de laisser échapper un épais panache noir. Conçu surtout pour protéger les sous-marins stratégiques en zone proche, il n’a jamais vraiment rivalisé avec les modèles occidentaux. Alors que les porte-avions américains peuvent déployer une flotte aérienne impressionnante, le Kouznetsov peinait à lancer moins de trente appareils, explique le magazine Geo.
Lors de ses sorties en mer, il était accompagné par le grand remorqueur de haute mer Nikolay Chiker, et ces dernières années, il a passé plus de temps en cale sèche qu’en pleine mer. Les ennuis techniques se sont succédé : problèmes techniques de propulsion, naufrage du dock flottant PD-50 et deux incendies majeurs ont jalonné sa carrière, mettant en lumière les défis logistiques de la marine russe.
La modernisation et ses factures astronomiques
En 2017, un ambitieux programme de modernisation du navire a été lancé pour essayer de prolonger sa durée de vie. Ce projet devait coûter plus de 100 milliards de roubles, soit environ un tiers du prix d’un porte-avions moderne tout neuf. Mais face aux réparations interminables et à des coûts qui montaient en flèche, on a finalement décidé de laisser tomber ces travaux. Le projet Storm, qui visait à construire un nouveau porte-avions en 2020, a lui aussi été abandonné.








