Pour la première fois, une fusée lancée depuis l’Europe devait s’élancer vers l’orbite terrestre. Mais en raison de conditions météo défavorables, le tir est reporté. Ce projet illustre l’accélération de la présence des Européens dans l’espace. Mais il commence par un accroc.
Le retour dans l’espace des Européens va devoir attendre
À quelques minutes près, l’Europe aurait pu inscrire une nouvelle page de son histoire dans l’espace. Pour la première fois, un lanceur orbital devait s’élever depuis un pas de tir situé sur le continent européen. Jusqu’ici, les fusées à vocation orbitale européennes étaient exclusivement lancées depuis Kourou, en Guyane française, ou dépendaient des infrastructures russes, américaines ou encore chinoises.
Ce lancement devait marquer l’entrée en scène des acteurs privés européens, à l’image de ce que SpaceX a fait aux États-Unis. Isar Aerospace, jeune pousse allemande fondée en 2018, ambitionne en effet de devenir un acteur incontournable du marché du lancement de satellites de petite et moyenne taille. Son mini-lanceur Spectrum, d’une hauteur de 28 mètres pour 2 mètres de diamètre, peut transporter une charge utile d’environ une tonne.
Mais les éléments en ont décidé autrement. Des vents violents ont contraint l’entreprise à reporter ce vol inaugural. Avec ce report, l’Europe accuse un nouveau retard dans sa quête d’indépendance dans l’espace. Depuis la guerre en Ukraine, qui a mis fin à la coopération avec l’agence spatiale russe Roscosmos, l’Union européenne est en quête d’alternatives. La fin des lancements de fusées Soyouz depuis Kourou a mis en lumière une dépendance stratégique inquiétante vis-à-vis de partenaires étrangers.
Des projets au point mort… et d’autres en cours
Pour ne rien arranger, le programme Ariane 6, qui doit succéder à la vieillissante Ariane 5, accumule des années de retard. Quant au lanceur Vega-C, censé être une alternative pour les missions plus légères, il a connu un échec retentissant en 2022, suivi d’une suspension prolongée des vols.
Dans ce contexte, le projet Spectrum revêt une importance capitale. L’arrivée de mini-lanceurs privés est une bouffée d’air frais pour un secteur en perte de vitesse face à la domination américaine. SpaceX, mais aussi Blue Origin (fondé par Jeff Bezos) et Rocket Lab, imposent leur rythme, avec des cadences de lancement toujours plus soutenues et des coûts de mise en orbite toujours plus compétitifs. Si le tir d’Andøya avait réussi, l’Europe aurait enfin pu démontrer sa capacité à envoyer des satellites en orbite sans l’aide de puissances étrangères.
L’Union européenne investit massivement pour rattraper son retard sur les États-Unis et la Chine. Plusieurs projets de ports spatiaux européens émergent, comme Andøya (Norvège), où devait décoller Spectrum, ou encore Esrange (Suède), inauguré en 2023. Sans oublier celui des Açores (Portugal), en cours de développement. Ces infrastructures doivent permettre à l’Europe d’accélérer le rythme des lancements et d’offrir une alternative compétitive aux entreprises européennes et internationales.









Journaliste pas très à jour…Ariane 6 a été lancé avec succès à 2 reprises, Vega-C revole aussi depuis décembre 2024, on ne peut plus parler de retard ou de manque de souveraineté européenne. L’europe est en totale capacité de lancer des satellites sur toutes les orbites et autres missions. Il nous manque que la partie « vols habités ».