Une « mauvaise herbe » brésilienne pourrait révolutionner l’industrie du CBD

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Une « mauvaise herbe » brésilienne pourrait révolutionner l’industrie du CBD © Armees.com

Depuis plusieurs décennies, les cannabinoïdes sont étudiés pour leurs effets thérapeutiques, notamment dans la gestion de la douleur, l’anxiété ou l’épilepsie. Jusqu’à récemment, ces substances semblaient être l’apanage exclusif du Cannabis sativa. Mais en 2023, une équipe de chercheurs brésiliens a mis en évidence la présence d’un cannabinoïde dans Trema orientalis, une plante de la famille des Cannabaceae.

Un cannabinoïde hors du cannabis : la révolution scientifique

L’étude menée par des chercheurs brésiliens et publiée dans PeerJ a confirmé la présence de plusieurs cannabinoïdes, dont le cannabidiol (CBD) et le cannabinol (CBN), dans les inflorescences de Trema orientalis. Cette plante, répandue dans les régions tropicales, était déjà utilisée en médecine traditionnelle pour ses propriétés antibactériennes et anti-inflammatoires. Mais personne ne soupçonnait qu’elle puisse contenir des composés chimiquement similaires à ceux du cannabis.

Les analyses par chromatographie en phase gazeuse et spectrométrie de masse ont permis d’identifier ces molécules, bien que leur concentration varie selon les régions et les conditions climatiques. Contrairement au cannabis, cette plante ne produit pas de tétrahydrocannabinol (THC), la substance psychotrope responsable des effets psychotropes du cannabis récréatif. Cette caractéristique fait de Trema orientalis une alternative séduisante pour l’industrie pharmaceutique. En effet, le CBD issu de cette plante pourrait être utilisé sans soulever les mêmes restrictions réglementaires que celui extrait du cannabis, ouvrant ainsi la voie à de nouveaux traitements plus accessibles.

Un potentiel thérapeutique confirmé

Si la découverte d’un cannabinoïde dans une autre plante que le cannabis est déjà en soi une avancée, l’étude a également mis en évidence son efficacité contre des bactéries résistantes aux antibiotiques. Les chercheurs ont testé des extraits de Trema orientalis sur différentes souches de bactéries pathogènes, notamment Staphylococcus aureus et Pseudomonas aeruginosa.

Les résultats sont éloquents : les extraits ont montré une activité antibactérienne importante, avec des concentrations minimales inhibitrices (CMI) comprises entre 31,25 et 125 µg/mL. Ces valeurs sont comparables à celles observées pour certains antibiotiques traditionnels, ce qui laisse entrevoir un nouvel usage des cannabinoïdes dans la lutte contre les infections résistantes.

Des implications légales et économiques majeures

L’un des principaux obstacles à l’utilisation thérapeutique des cannabinoïdes réside dans leur statut légal. Dans de nombreux pays, leur usage est strictement encadré, voire interdit, en raison de leur lien avec le cannabis. L’identification du CBD dans une plante totalement différente change la donne.

Avec une plante n’entrant pas dans les législations encadrant le cannabis, les industriels du médicament pourraient contourner de nombreuses restrictions. L’accès au CBD légal sans avoir à réglementer une culture contrôlée comme celle du Cannabis sativa pourrait accélérer la mise sur le marché de nouveaux produits.

Si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà reconnu les propriétés thérapeutiques du CBD, de nombreux pays restent frileux à l’idée de légaliser son usage médical ou récréatif. L’apparition d’une nouvelle source pourrait contraindre les régulateurs à revoir leur position. Des instances telles que l’Agence européenne des médicaments pourraient être amenées à redéfinir les critères de classification du CBD en fonction de son origine végétale.

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