Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, vient de dévoiler les attaques contre la défense française. Dans un monde hyper-connecté et hypermoderne, les manœuvres de déstabilisation résultent de méthodes à l’ancienne, selon lui.
La défense française de plus en plus prise pour cible
La France connaît une augmentation alarmante des attaques physiques contre ses industries de défense. Lors d’une récente audition au Sénat, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a dévoilé l’ampleur de ces attaques. En 2022 et 2023, une cinquantaine d’entreprises ont été ciblées par des intrusions, cambriolages et tentatives d’approche, marquant une hausse de 25 % par rapport à 2021. Ces actions rappellent les méthodes de la guerre froide, mais elles n’ont jamais véritablement disparu.
Le sabotage, souvent lié au conflit en Ukraine, est également en hausse. Bien que la France soit moins touchée que ses voisins, les menaces restent réelles. Lors du salon de l’armement Eurosatory, des étudiants à la recherche de stage auraient tenté de s’infiltrer dans de grands groupes français. Sur la chaîne de montage du canon Caesar, des mesures ont été prises pour dupliquer les capacités de production afin de contrer d’éventuels sabotages.
Les sous-traitants en première ligne
Les attaques visent principalement les sous-traitants des géants de la défense. Environ 80 % des actions ont ciblé des petites et moyennes entreprises (PME), souvent moins protégées que les grands groupes de défense comme Thales ou Dassault. Ces sous-traitants, essentiels à la production de composants majeurs, sont particulièrement vulnérables.
Pour faire face à ces menaces, la Direction du renseignement et de la sécurité de la Défense (DRSD) voit son budget augmenter d’année en année. Aujourd’hui, elle est composée de 1 700 agents civils et militaires. Le gouvernement entend continuer de décupler le budget jusqu’en 2030. Sa mission est de détecter, prévenir et identifier les auteurs des attaques. Cependant, Sébastien Lecornu appelle les entreprises à redoubler de vigilance dans le contexte actuel.








