Il y a environ 50 000 ans, l’Amérique du Nord ressemblait à un véritable royaume d’animaux gigantesques. À l’époque, la toundra grouillait de mammouths impressionnants, pendant que les forêts abritaient des mastodontes de taille imposante, des tigres à dents de sabre redoutables et de grands loups, une découverte paléontologique fascinante. Des troupeaux de bisons et de chameaux aux proportions étonnantes parcouraient le continent, et dans les lacs, même d’énormes castors faisaient leur nid. À l’est des montagnes Rocheuses, d’immenses paresseux terrestres, pesant plus de 1 000 kg, traînaient leur carcasse tranquillement. Puis, avec la fin de la dernière période glaciaire, toute cette abondance a disparu, laissant derrière elle un grand mystère que les chercheurs s’acharnent encore à lever.
Les théories sur la disparition de la mégafaune
À la fin de l’ère glaciaire, la plupart de ces animaux ont mystérieusement disparu. Les raisons exactes font toujours débat entre spécialistes. Certains avancent que l’arrivée des humains a joué un rôle déterminant – que ce soit par une chasse très intensive, une transformation radicale des habitats ou une concurrence renforcée pour se nourrir (les premiers arrivants auraient bien chamboulé la donne). D’autres pointent du doigt le réchauffement progressif de la Terre après des millénaires de froid, qui aurait rendu la vie difficile pour ces espèces. On trouve même des hypothèses évoquant des maladies dévastatrices ou encore l’impact d’une comète (une piste qui, même si elle semble tirée par les cheveux, ne cesse d’être examinée).
Une technique innovante pour identifier les ossements anciens
Une étude récente, menée par Mariya Antonosyan, Torben Rick et Nicole Boivin et publiée dans Frontiers in Mammal Science, apporte de nouveaux éléments en analysant des fragments d’os anciens à l’aide de la technique ZooMS (Zooarchéologie par spectrométrie de masse). Grâce à cette méthode, les scientifiques ont pu identifier des restes de mammouths, bisons et chameaux datant de la fin du Pléistocène, conservés au Smithsonian National Museum of Natural History.
Ces résultats montrent que les collections muséales peuvent jouer un rôle clé dans l’étude des extinctions passées et soulignent l’importance de préserver ces archives pour la recherche future.
Les trouvailles offertes par ZooMS
L’étude s’est concentrée sur cinq sites archéologiques dans le Colorado, datant du Pléistocène tardif ou plus tôt, et fouillés entre 1934 et 1981. Même si l’état des ossements était assez abîmé, 80 % des échantillons ont livré assez de collagène pour permettre leur identification par ZooMS, avec 73 % d’entre eux identifiés jusqu’au niveau du genre. Parmi les espèces recensées, on trouve le bison, le genre Mammuthus (mammouths), Camelidae (chameaux) et, possiblement, le genre Mammut (mastodontes).
L’étude complète est disponible sur Frontiers in Mammal Science.








