Dans une large initiative visant à renforcer sa puissance maritime, le Canada a lancé la construction d’une flotte avancée de 15 navires de guerre, qui seront prêts pour le service opérationnel d’ici 2035, selon les déclarations officielles des hauts décideurs de la Marine royale canadienne et du gouvernement canadien.
Le vice-amiral Angus Topshee, commandant de la Marine royale canadienne, en concert avec le ministre de la Défense Bill Blair, ont dévoilé que les travaux sur le projet progressif du Navire de combat de surface canadien ont été approuvés et seront opérationnels chez Irving Shipbuilding à Halifax, en Nouvelle-Écosse. En s’appuyant sur la conception de Lockheed Martin Canada, inspirée du Type 26 de BAE, Irving Shipbuilding assumera le double rôle de contractant principal et de producteur des navires de guerre.
Cette flotte moderne est désignée comme le remplacement des frégates de classe Halifax, la nouvelle génération étant qualifiée de « destroyers » par la marine. Lors d’une conférence de presse à Halifax, Blair a salué cette entreprise comme le plus vaste projet de construction navale canadien depuis la Seconde Guerre mondiale, le qualifiant de moment décisif pour la Marine royale canadienne.
Le calendrier de livraison partagé lors d’un briefing technique le 27 juin par des hauts fonctionnaires donne un aperçu du long processus du projet. La « naissance » du premier navire est prévue pour le début des années 2030, mais une période rigoureuse de tests sera ensuite nécessaire, ce qui signifie que ces navires ne rejoindront la Marine royale canadienne qu’à partir de 2035 au plus tôt. Neuf navires de guerre devraient rejoindre la flotte d’ici 2040, avec une livraison finale prévue pour 2050.
Etant donné l’état dégradé des frégates de classe Halifax, une livraison accélérée a été soulignée. Un haut fonctionnaire, dont l’identité n’a pas été révélée, a balayé les craintes concernant le calendrier en assurant que des améliorations technologiques continues seraient apportées, faisant ainsi progresser les capacités des navires de manière incrémentielle. De nouvelles mises à jour pour les frégates de classe Halifax sont prévues, mais aucun calcul de coût concret ou d’autres détails n’ont encore été dévoilés.
Malgré l’incertitude concernant le design final et le budget du projet, Alan Williams, ancien sous-ministre adjoint pour le matériel à la Défense nationale, a alerté que ce manque de détermination, combiné aux délais de livraison prolongés, mettait le projet sur une trajectoire désastreuse. Il a averti que l’engagement financier nécessaire pour réaliser le CSC, ajouté au fardeau représenté par l’acquisition des F-35 et la modernisation des systèmes utilisés par le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord, épuiserait les ressources nécessaires à d’autres acquisitions significatives.
Les estimations budgétaires actuelles du ministère de la Défense nationale (MDN) pour le projet CSC varient de 56 à 60 milliards de dollars canadiens. Toutefois, une revue indépendante menée par le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux, a estimé les coûts à 84 milliards de dollars canadiens en 2022. Un moment crucial est à l’horizon, puisque le MDN envisage une estimation plus précise des coûts d’ici la fin de 2025, voire début 2025 au plus tôt.
Le début de la construction initiale du CSC donnera un coup de fouet bien nécessaire aux ouvriers de chez Irving, qui devront innover et perfectionner leurs techniques de construction navale. Un contrat principal pour le projet devrait être ratifié d’ici la fin de cette année, ouvrant la voie à une production à pleine vitesse à partir de 2025.
Malgré les nombreux défis à venir, le vice-amiral Topshee se montre optimiste. Il considère le début des travaux sur le CSC comme une « avancée indéniable vers notre future flotte ».








