Cisjordanie : des bulldozers israéliens arrachent des arbres palestiniens

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Cisjordanie : des bulldozers israéliens arrachent des arbres palestiniens
Cisjordanie : des bulldozers israéliens arrachent des arbres palestiniens © Armees.com

Le 24 août 2025, des journalistes de l’AFP ont constaté la destruction de centaines d’arbres dans le village palestinien d’al-Mughayyir, au cœur de la Cisjordanie. L’opération menée sous la protection de l’armée israélienne met en lumière un enjeu clé : l’arbre, pilier de l’économie rurale palestinienne, se retrouve au centre d’un affrontement qui dépasse le cadre agricole.

Les arbres comme symbole de survie palestinienne

Les arbres, notamment les oliviers, sont la base de la subsistance de nombreuses familles palestiniennes. À al-Mughayyir, Abdellatif Mohammad Abou Aliya affirme, dans des propos partagés par Le Figaro, avoir perdu « des oliviers de plus de 70 ans » sur un hectare de terres, soit l’équivalent de plusieurs générations de travail. Selon l’agriculteur, « ils les ont complètement déracinés et rasés, sous des prétextes fallacieux ».

La valeur économique de ces arbres est considérable, un olivier mature produit de l’huile prisée localement et exportée, et son déracinement équivaut à une perte de revenus sur plusieurs décennies. Comme l’a résumé Ghassan Abou Aliya, responsable d’une association agricole, dans L’Orient-Le Jour : « l’objectif est de contrôler et de forcer les gens à émigrer ». Au-delà des terres, ce sont les perspectives économiques de familles entières qui se trouvent effacées.

Une opération militaire sous tension en Cisjordanie

L’armée israélienne a justifié son intervention par une « intense activité opérationnelle » menée depuis le 21 août, après une fusillade jugée « grave » contre des colons israéliens. Selon les militaires, la végétation dense autour de la route voisine aurait pu servir de cachette à un assaillant. Plusieurs bulldozers, dont l’un portait un drapeau israélien, ont alors rasé la zone agricole.

Dans le même temps, une ONG palestinienne de défense des prisonniers a recensé 14 arrestations en trois jours, certaines visant des figures locales comme le chef du conseil du village, Amin Abou Aliya. Des dizaines d’habitants ont également été interrogés, tandis que des témoignages font état de perquisitions et de vols d’argent ou de bijoux. Ces méthodes, perçues par la population comme des représailles collectives, exacerbent la tension dans une Cisjordanie déjà marquée par des affrontements quasi quotidiens.

Des pertes chiffrées et une stratégie contestée

Au total, ce sont plusieurs centaines d’arbres qui ont été déracinés, représentant au moins un hectare de terres fertiles. Des sources palestiniennes estiment que près de 300 dunums de surfaces agricoles, soit environ 30 hectares, ont été touchés par les bulldozers et les raids. Ces chiffres traduisent un impact direct sur l’économie villageoise, où l’agriculture demeure la principale source de revenus. Pour l’armée israélienne, il s’agit d’une mesure de sécurité visant à protéger les axes routiers.

Mais pour les habitants, la destruction systématique des arbres s’inscrit dans une logique d’asphyxie économique. Entre impératif sécuritaire affiché par Israël et accusation de punition collective portée par les palestiniens, le fossé s’élargit encore autour d’un symbole, l’arbre, devenu à la fois ressource vitale et champ de bataille politique.

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