L’Australie expulse l’ambassadeur iranien après deux attaques antisémites

Canberra a accusé Téhéran d’avoir dirigé deux attaques antisémites sur son sol. Résultat : l’ambassadeur d’Iran et trois diplomates ont reçu sept jours pour quitter le pays. Un choc diplomatique, une première depuis 1945.

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L’Australie expulse l’ambassadeur iranien après deux attaques antisémites © Armees.com

Le 26 août 2025, le Premier ministre Anthony Albanese a pris la parole à Canberra. D’un ton ferme, il a accusé l’Iran d’être derrière deux attaques visant la communauté juive en Australie. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement expulse l’ambassadeur iranien et suspend son ambassade à Téhéran.

Antisémitisme : les attaques ciblées à Sydney et Melbourne

Octobre 2024, quartier de Bondi, banlieue est de Sydney. Le café casher Lewis Continental Kitchen est ravagé par un incendie. Décembre 2024, Melbourne. La synagogue Adass Israel flambe à son tour. Pas de victimes, mais des dégâts considérables. Surtout, une onde de choc dans la communauté juive australienne. Selon Reuters, ces deux incendies n’étaient pas de simples actes isolés : ils portaient la signature de réseaux liés à l’Iran.
Le Premier ministre australien Anthony Albanese l’a dit clairement lors d’une conférence de presse : « Les renseignements que nous avons reçus montrent que l’Iran a dirigé et coordonné ces attaques ». L’ASIO, l’agence de renseignement australienne, a enquêté des mois durant. Son patron, Mike Burgess, a accusé directement l’IRGC (les Gardiens de la révolution islamique). « L’Iran a littéralement et figurativement allumé les allumettes et attisé les flammes de l’antisémitisme », a-t-il déclaré.

Une riposte diplomatique inédite

Le 26 août 2025, Canberra a déclaré persona non grata l’ambassadeur iranien, Ahmad Sadeghi, et trois autres diplomates. Ils ont sept jours pour quitter l’Australie. Un geste historique : c’est la première expulsion de diplomates iraniens depuis 1945.
Mais Albanese ne s’est pas arrêté là. L’ambassade australienne à Téhéran est suspendue. Les diplomates rappelés. Les opérations gelées. Selon AP News, Canberra a également émis un avertissement à ses ressortissants présents en Iran. Et en toile de fond, une autre décision majeure : l’IRGC va être inscrit sur la liste australienne des organisations terroristes.
La ministre des Affaires étrangères, Penny Wong, a toutefois précisé que Canberra ne rompait pas totalement les liens avec Téhéran. Un canal diplomatique minimal sera conservé, a-t-elle assuré, « pour défendre les intérêts et la sécurité des Australiens présents en Iran »

Israël soutient l’Australie

Du côté australien, la colère domine. Le Conseil exécutif des Juifs australiens (ECAJ) a parlé d’une attaque « contre des institutions mais surtout contre une communauté ». Son président Daniel Aghion a dénoncé « une tentative d’intimidation et de terreur ». Israël, de son côté, a salué « une décision courageuse » de la part de l’Australie.
À Téhéran, le ton est radicalement opposé. Le ministère iranien des Affaires étrangères a rejeté des accusations « mensongères et sans fondement ». Et a prévenu : des mesures de rétorsion suivront. Sans plus de détails. Mais dans les chancelleries, chacun sait que le bras de fer est engagé. Entre Canberra et Téhéran, le point de non-retour est franchi avec cette affaire.

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