Arrestation de deux fonctionnaires français qui livraient des informations confidentielles à l’Algérie

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Arrestation de deux fonctionnaires français qui livraient des informations confidentielles à l’Algérie
Arrestation de deux fonctionnaires français qui livraient des informations confidentielles à l’Algérie © Armees.com

Alors que les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie sont déjà tendues, une affaire d’espionnage implique un fonctionnaire du ministère de l’Économie et des Finances. L’employé, qui travaillait au sein de la sous-direction du numérique, est accusé d’avoir transmis des données sensibles à un agent des renseignements algériens. 

Un fonctionnaire du ministère de l’Économie a été mis en examen. Il est accusé d’avoir fourni « des informations personnelles et sur les demandes d’asile concernant plusieurs personnes de nationalité algérienne ». Cette fuite d’informations aurait été facilitée avec l’aide d’une assistante sociale travaillant pour l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii). Arrêté le 19 décembre, l’employé a été placé sous contrôle judiciaire.

Accusé d’espionnage au profit de l’Algérie

Le fonctionnaire, qui officiait comme chef de secteur à la sous-direction du numérique de l’Administration centrale (SDNAC) du ministère de l’Economie et des Finances, fait l’objet de plusieurs accusations, incluant la collusion avec une puissance étrangère, la divulgation d’informations critiques pour la sécurité nationale à un gouvernement étranger, et la recherche d’informations sur les intérêts vitaux de la France pour le compte d’une nation étrangère, selon les précisions fournies par le parquet de Paris. Le 19 décembre dernier, il a été mis en examen pour « intelligence avec une puissance étrangère, livraison à une puissance étrangère d’information sur intérêt fondamental à la nation, exercice d’activités pour s’informer sur les intérêts fondamentaux de la nation pour une puissance étrangère », peut-on lire sur Le Parisien.

Il est également suspecté de maintenir des échanges réguliers avec un agent algérien opérant depuis le consulat d’Algérie à Créteil. Les autorités le soupçonnent d’avoir fourni à cet individu des données personnelles et des informations concernant les requêtes d’asile de certains Algériens, y compris de ceux opposés au gouvernement actuel, comme l’a indiqué le ministère public.

Des informations sensibles sur des ressortissants algériens

L’avocat de l’employé de Bercy, Me Sipan Ohanians a déclaré que son client subissait une intense pression de la part d’une puissance étrangère, caractérisée par des menaces et des manipulations qui l’ont mis dans une position difficile. « Mon client est la victime d’une campagne de menaces et de manipulation d’une puissance étrangère », a-t-il affirmé dans des propos rapportés par Le Figaro.

Une source liée à l’enquête a identifié un agent algérien basé au consulat de Créteil depuis fin 2022 comme étant le principal instigateur des opérations d’espionnage, utilisant sa position comme couverture pour agir pour le compte des services de renseignements algériens. Cet agent n’a pas encore été mis en examen. Il est rapporté que cet individu ciblait spécifiquement des informations sur des citoyens algériens, parmi lesquels des opposants en exil tels que Amir Boukhors et Mohamed Larbi Zitout, visés par des mandats d’arrêt internationaux, ainsi que des figures telles que l’influenceur Chawki Benzehra et d’autres individus sensibles comme un journaliste réfugié. Selon la même source, certaines de ces personnes auraient subi des violences et des menaces sérieuses, bien que le lien direct entre ces actes et les informations fournies n’ait pas été clairement établi.

Une assistante sociale de l’Ofii également concernée

La source d’information pour le fonctionnaire de Bercy provenait d’une « relation intime » qu’il entretenait avec une assistante sociale employée à l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii). Il exploitait cette relation pour encourager l’assistante sociale à accéder à un logiciel confidentiel afin de lui fournir des renseignements sensibles.

La collaboratrice impliquée, âgée de quarante ans, a été mise en examen le 7 février pour avoir enfreint la confidentialité de son travail, bien qu’elle ait affirmé ne pas avoir reçu de contrepartie pour ses actions. Son avocat, Fabien Arakelian, a choisi de ne pas commenter l’affaire. Cette personne a été mis à pied et une procédure pour faute est en cours. Déclenchée en juin 2024, l’enquête a pris de l’ampleur lorsque la DGSI a découvert la connexion entre le fonctionnaire de Bercy et l’agent algérien, menant à l’implication de deux juges d’instruction pour traiter des accusations sérieuses.

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