Le 2 septembre 2026, une enquête a été lancée par la police du Brandebourg à la suite d’une attaque à l’explosif contre un poste électrique à Preilack, près de la centrale thermique de Jänschwalde, dans l’est de l’Allemagne. Plusieurs engins explosifs artisanaux, similaires à des fusées de feu d’artifice, ont été retrouvés sur le site, dont au moins un a explosé, endommageant plusieurs lignes électriques sans faire de victimes. Franceinfo rapporte que l’hypothèse privilégiée par les enquêteurs est celle d’un « acte volontaire » plutôt qu’une panne technique.
Le même jour, un autre incident a frappé Bergheim, à l’ouest du pays. Un court-circuit a été intentionnellement déclenché dans un poste électrique géré par Amprion, suggérant une possible coordination entre les deux attaques. Herbert Reul, ministre de l’Intérieur de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a affirmé : « Un poste électrique est vital pour notre quotidien. Toute attaque sur un tel site concerne notre pays, notre économie, notre mode de vie. » Les autorités examinent deux pistes : un sabotage orchestré par un État étranger ou une action d’extrémistes de gauche.
Menaces persistantes sur les infrastructures critiques
L’Allemagne fait face à une vulnérabilité croissante de ses infrastructures énergétiques. Les attaques du 1er septembre s’ajoutent à une série d’incidents ciblant le réseau électrique national. Le groupe d’extrême gauche Vulkangruppe, actif depuis 2011, a revendiqué de nombreuses attaques contre des installations stratégiques, dont un incendie criminel à Berlin le 3 janvier 2026 qui a affecté 100 000 personnes. En mars 2024, une attaque incendiaire avait visé l’usine Tesla proche de la capitale.
Simultanément, Berlin soupçonne Moscou de mener des opérations de sabotage en réponse au soutien allemand à l’Ukraine. Le Monde rapporte qu’une récente attaque au drone contre l’aéroport de Leipzig a été décrite comme une « attaque hybride » par les autorités allemandes, qui pointent la Russie. Le Kremlin nie toute implication.
Conséquences sur la sécurité nationale allemande
Les impacts immédiats des attaques sont limités. Aucune coupure d’électricité majeure n’a été signalée, bien que cinq unités de production au lignite de Jänschwalde, totalisant 4 200 mégawatts, aient été arrêtées par précaution. Au moment de l’attaque, elles injectaient 3 000 mégawatts dans le réseau, selon RWE. La résilience du système a permis d’éviter une crise d’approvisionnement, mais l’incident révèle la fragilité des points stratégiques du réseau.
Dietmar Woidke, ministre-président du Brandebourg, a condamné ces actes : « Saboter nos infrastructures critiques, c’est s’en prendre à nous tous. » BFMTV souligne que l’exploitant de la centrale a immédiatement qualifié l’incident d’« attaque », écartant une défaillance technique.
Réactions des autorités de sécurité
L’ouverture d’une enquête antiterroriste marque un renforcement de la réponse institutionnelle. Les services de renseignement allemands intensifient la surveillance des groupes extrémistes de gauche et des agents présumés russes. Le fait que le groupe Vulkangruppe ait échappé à l’identification malgré douze attaques revendiquées interroge sur l’efficacité des dispositifs de sécurité.
Les opérateurs énergétiques renforcent la sécurité physique des sites sensibles. Amprion et 50Hertz, gestionnaires des postes attaqués, collaborent avec les autorités pour sécuriser les infrastructures. La transition énergétique allemande, reposant sur un réseau électrique interconnecté complexe, accentue la vulnérabilité face à des actions coordonnées. Les investissements de l’OTAN dans la sécurisation des infrastructures critiques prennent toute leur importance stratégique.
Avenir de la protection des infrastructures
L’Allemagne est confrontée à une menace hybride, combinant terrorisme domestique et sabotage étatique potentiel. Les attaques du 1er septembre montrent que les postes électriques, malgré leur importance stratégique, restent vulnérables. La doctrine de sécurité nationale devra intégrer une protection renforcée de ces nœuds critiques et développer des capacités de résilience pour absorber les chocs sans paralyser l’économie. Les technologies de surveillance autonome pourraient être adaptées à la protection des infrastructures civiles.
La question de l’identité des auteurs reste sans réponse. Tant que les responsables ne seront pas identifiés, l’Allemagne continuera d’hésiter entre deux hypothèses inquiétantes. L’enjeu dépasse le simple maintien de l’ordre pour toucher à la souveraineté énergétique et à la résilience nationale face aux menaces du XXIe siècle.








