A11pl3Z : l’objet interstellaire qui traverse le système solaire à toute allure

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A11pl3Z : l’objet interstellaire qui traverse le système solaire à toute allure
Détecté en octobre 2017, ‘Oumuamua fut le tout premier objet interstellaire identifié dans notre système solaire. | Armees.com

Un mystérieux corps céleste, baptisé A11pl3Z, traverse actuellement le système solaire à plus de 200 000 km/h. Provenant des profondeurs interstellaires, cet objet de 10 à 20 kilomètres de diamètre fascine les astronomes par sa vitesse fulgurante et sa trajectoire non liée au Soleil. Sans danger pour la Terre, il pourrait bien être le troisième visiteur d’un autre monde jamais observé depuis notre planète.

L’objet interstellaire file à 200 000 km/h et traverse le système solaire

Le 2 juillet 2025, les astronomes de l’Agence spatiale européenne (ESA) ont confirmé la détection d’un nouvel objet interstellaire, identifié sous le nom de A11pl3Z. Son allure ? Supersonique, plus de 200 000 km/h, soit environ 60 à 68 kilomètres par seconde. « Il va voler profondément dans le système solaire, en passant juste dans l’orbite de Mars », a déclaré Richard Moissl, responsable de la défense planétaire de l’ESA, à l’Agence France-Presse et dans des propos rapportés par Le Figaro.

Cette vitesse fulgurante, couplée à une trajectoire hyperbolique, ne laisse guère de doute, A11pl3Z ne vient pas de notre Soleil. Il arrive d’un autre système stellaire… et retournera vers les ténèbres du vide intersidéral. Ce profil de voyage unique a été confirmé par plus d’une centaine d’observations collectées et analysées par l’Union astronomique internationale. Un parcours aussi direct qu’éphémère, mais qui bouleverse déjà les certitudes sur le contenu de notre système solaire.

Une comète de 10 à 20 kilomètres venue d’ailleurs

Estimée entre 10 et 20 kilomètres de diamètre, cette masse céleste dépasse de loin la taille d’’Oumuamua ou même de 2I/Borisov, ses prédécesseurs interstellaires repérés en 2017 et 2019. Sa luminosité, en constante progression, le rendra observable jusqu’à la fin de l’année, avec un pic d’éclat prévu pour fin octobre, lors de son passage le plus proche du Soleil. Sa nature n’est pas encore catégoriquement définie.

Certains y voient une comète active, d’autres une forme plus inerte, possiblement un astéroïde. Mais le consensus scientifique s’oriente vers une origine interstellaire. C’est une rareté. Si sa classification est confirmée, A11pl3Z deviendra le troisième objet interstellaire officiellement recensé.

Une absence totale de risque pour la Terre

Inutile de sonner l’alerte planétaire, cet objet ne représente aucune menace pour notre planète. La NASA, l’ESA et les observatoires internationaux ont confirmé que sa trajectoire ne croise en rien celle de la Terre. « Il va briller de plus en plus et s’approcher du Soleil jusqu’à la fin octobre, et sera encore observable jusqu’à l’an prochain », a précisé Richard Moissl dans Le Figaro.

Aucun scénario de collision ne figure dans les modèles. Son passage, prévu à 0,195 unité astronomique de Mars début octobre, sera suivi de très près par les instruments orbitaux et terrestres. Une configuration rêvée pour les astrophysiciens, qui pourront ainsi capter des informations inédites, sans risquer la moindre catastrophe.

Le troisième messager interstellaire et ses promesses scientifiques

« Il se déplace beaucoup plus rapidement que les deux premiers objets extra-solaires qui avaient été découverts », a souligné, dans le quotidien, l’astronome britannique Mark Norris (Université de Central Lancashire). Cette vitesse et cette trajectoire unique offrent une opportunité exceptionnelle pour tester nos théories sur la formation des systèmes planétaires, l’érosion cométaire dans le vide interstellaire, ou encore les interactions gravitationnelles entre étoiles. Selon certaines modélisations, jusqu’à 10 000 objets interstellaires pourraient traverser le système solaire à tout moment, sans que nous en ayons conscience. A11pl3Z n’est donc peut-être que la partie émergée d’un gigantesque flux galactique que nous ne faisons qu’effleurer.

À mesure qu’il s’approchera du Soleil, A11pl3Z deviendra plus lumineux, atteignant potentiellement la magnitude 16, une cible accessible à certains télescopes amateurs. Les astronomes professionnels s’attendent à ce que le périhélie de fin octobre, à environ 1,35 unité astronomique, permette d’obtenir des spectres lumineux détaillés, révélant sa composition. Mais sa vitesse vertigineuse interdit toute tentative d’interception. Aucune sonde ne peut le rejoindre à temps, pas même les plus rapides de la NASA. Tout ce qu’il nous reste, c’est de l’observer, de le modéliser… et d’en apprendre autant que possible avant qu’il ne disparaisse à jamais, happé par l’espace intersidéral.

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