Alors que l’Amérique retenait son souffle lors de l’élection présidentielle, les États-Unis ont procédé au test d’un missile balistique intercontinental « Minuteman III » depuis la Californie. Ce tir interpelle par son timing.
Le soir des élections aux États-Unis, une date qui interroge
Le 5 novembre 2024, 23h01 heure du Pacifique, un missile balistique intercontinental non-armé « Minuteman III » a quitté la base Vandenberg, en Californie, dans un éclair de lumière. Accompagné d’un avion de commandement E-6B Mercury de l’US Air Force, le tir relève de la mission TACAMO (« Take Charge And Move Out ») et vise à renforcer la crédibilité de la dissuasion nucléaire des États-Unis. Ce test, régulier selon l’Air Force Global Strike Command, confirme la préparation des forces américaines et la fiabilité de leur arsenal nucléaire. Avec 6 700 km parcourus jusqu’aux îles Marshall, ce missile rappelle la puissance et la portée de la triade nucléaire américaine, composée de missiles terrestres, sous-marins et bombardiers.
Le choix du soir de l’élection présidentielle n’est pas passé inaperçu. « L’élection n’a rien à voir avec sa programmation », précise l’Air Force Global Strike Command. Pourtant, pour Étienne Marcuz, spécialiste du nucléaire, la coïncidence mérite réflexion : « Faut-il y voir un message stratégique ? ». À noter qu’en 2023, un lancement similaire avait eu lieu le 1ᵉʳ novembre et s’était d’ailleurs soldé par un échec : le missile balistique s’est auto-détruit en vol en raison d’une «anomalie»
Des tensions nucléaires mondiales
Ce test américain survient dans un contexte international tendu. Six semaines plus tôt, la Chine lançait un missile balistique dans le Pacifique. La Corée du Nord a récemment multiplié les essais nucléaires. De son côté, Moscou a revu sa doctrine nucléaire le 26 septembre 2024, abaissant le seuil d’engagement en cas d’attaque conventionnelle. Le climat géopolitique, marqué par la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient, accentue l’importance de maintenir la crédibilité de la dissuasion américaine. Ce test se veut une démonstration de force face aux menaces croissantes et à une période où l’équilibre nucléaire mondial est plus précaire que jamais.
Avec l’élection du 47ᵉ président, Donald Trump, la politique nucléaire des États-Unis est de nouveau sous le feu des projecteurs. Trump, partisan d’un « Iron Dome » amélioré, pourrait adopter une ligne plus dure, notamment avec la modernisation de la triade nucléaire. Alors que Joe Biden avait redirigé les priorités vers la Chine, la direction que prendra le futur président républicain reste floue.








