Le 24 octobre 2024, lors d’une visite à Vert-Le-Petit, Sébastien Lecornu a présenté la nouvelle feuille de route de la Direction générale de l’armement (DGA).
La DGA doit « retrouver son esprit pionnier »
Objectif pour la DGA : simplifier les procédures et redonner de l’autonomie aux 10 500 agents de l’institution. « Il est temps de retrouver notre esprit pionnier », a ainsi déclaré le ministre des Armées et des Anciens combattants, Sébastien Lecornu, comme le rapporte le communiqué de presse du ministère, publié le 24 octobre 2024.
Des mesures concrètes accompagnent ce changement : les vérifications systématiques seront remplacées par des contrôles par échantillonnage pour les industriels ayant déjà fait leurs preuves. Les normes civiles, souvent inadaptées aux projets militaires, pourront aisi être contournées pour favoriser l’innovation. Ce plan s’inscrit dans la continuité du programme « Impulsion » qui a permis de renforcer les liens avec l’industrie de défense pour mieux anticiper les futurs défis stratégiques, souligne le communiqué.
Simplifier les procédures administratives
Avec un budget de 20,1 milliards d’euros pour 2025, la DGA doit se réformer pour éviter les retards dans les programmes d’armement insiste le ministre. Sébastien Lecornu a dénoncé les « spécifications inutiles » et la « pyramide hiérarchique pesante » qui freinent la réactivité. La nouvelle feuille de route vise en ce sens à donner plus d’autonomie aux directeurs de programme, avec moins de comités décisionnels et des responsabilités élargies. La DGA doit désormais se libérer de la « comitologie » excessive, et privilégier l’action rapide insiste encore le ministre.
L’Agence de l’innovation de défense (AID), sous la direction de Thierry Carlier, ingénieur général de l’armement, bénéficiera d’une plus grande indépendance pour gérer les projets novateurs. La création d’une « force d’acquisition réactive » permettra de livrer plus rapidement des équipements stratégiques, tels que les systèmes anti-drones, utilisés à l’occasion des Jeux Olympiques de Paris, précise le communiqué. Les agents de la DGA seront aussi incités à trouver des solutions alternatives lorsque les normes civiles freinent les projets, tout en respectant les exigences de sécurité.
Attirer les talents et moderniser les corps de l’armement
La réforme ne se limite pas aux aspects administratifs. La DGA, dirigée par Emmanuel Chiva a pour mission de moderniser ses corps pour les rendre plus attractifs. Un « concours talent » sera mis en place pour recruter des profils variés, notamment en intelligence artificielle et en robotique, précise le communiqué. Les perspectives de carrière des ingénieurs et techniciens seront améliorées, avec des incitations pour encourager les anciens agents à revenir au sein de l’institution. Le Conseil général de l’armement, sera chargé de garantir la qualité du recrutement afin de maintenir un vivier d’ingénieurs hautement qualifiés.
Les efforts seront également intensifiés pour renforcer les compétences sur la production et la gestion de la sous-traitance. Le recrutement de réservistes spécialisés viendra combler les compétences manquantes, en particulier dans les domaines technologiques. Avec cette nouvelle feuille de route présentée par Sébastien Lecornu, la DGA vise à soutenir la montée en puissance des armées françaises tout en préservant l’excellence industrielle et technologique du pays.









« Les perspectives de carrière des ingénieurs et techniciens seront améliorées » : c’est l’hémorragie des contractuels depuis des années en grande partie à cause des salaires trop faibles qui ne suivent même pas l’inflation. Les bonnes intentions n’y suffiront pas, l’écart avec l’industrie est trop important !