Les Forces d’opérations spéciales ukrainiennes (SSO) ont annoncé, jeudi 5 novembre 2026, la capture d’un militaire russe dans des circonstances inhabituelles. L’homme portait un uniforme de l’armée ukrainienne, alors qu’il se trouvait armé dans un secteur particulièrement disputé du front. Les soldats ukrainiens affirment avoir réussi à le faire prisonnier sans tirer un seul coup de feu.
L’opération a été menée par le troisième détachement du quatrième régiment « Ranger », une unité des forces spéciales ukrainiennes. Dans leur récit, repris notamment par l’agence Ukrinform, les militaires expliquent avoir découvert la position de leur adversaire grâce à un détail : les déchets qu’il avait laissés derrière lui.
Trois radios, un uniforme ukrainien et une reddition sans combat
Lorsque les forces spéciales ont repéré le militaire russe, celui-ci disposait d’une arme, de trois postes radio et d’un sac à dos contenant de la nourriture et différents équipements. Selon le commandement ukrainien, il se préparait probablement à partir en mission de combat.
Le média The New Voice of Ukraine, qui rapporte également l’opération, précise que le soldat se trouvait dans des buissons et préparait du thé au moment où il a été découvert.
Un opérateur ukrainien utilisant l’indicatif « Mashynist », ou « Machiniste », aurait alors engagé la conversation avec lui. Le militaire russe n’aurait pas répondu correctement à un mot de code utilisé pour vérifier son identité. Le soldat ukrainien aurait ensuite réussi à le désorienter suffisamment pour le convaincre de déposer son arme et de se rendre.
Les forces spéciales ont diffusé une vidéo de l’interrogatoire du prisonnier. D’après leurs déclarations, celui-ci aurait indiqué servir dans l’armée russe depuis 2023. Après avoir signé un contrat, il aurait notamment participé à une offensive dans la région de Kharkiv, avant d’être envoyé dans d’autres secteurs du front.
Le commandement ukrainien affirme avoir obtenu des renseignements militaires utiles grâce à cette capture. Le prisonnier pourrait également être intégré aux futurs échanges de détenus entre Kyiv et Moscou. La localisation exacte de l’opération et la date de la capture n’ont toutefois pas été communiquées. Les circonstances rapportées reposent principalement sur le récit des forces spéciales ukrainiennes et n’ont pas été intégralement vérifiées de manière indépendante.
Pourquoi l’utilisation d’un uniforme ennemi est-elle interdite ?
Le fait que le militaire russe porte un uniforme ukrainien constitue l’élément le plus sensible de cette affaire. Sur un champ de bataille, une telle tenue peut permettre de tromper les soldats adverses, de se déplacer sans être immédiatement identifié ou de s’approcher de positions militaires.
Cette méthode a déjà été signalée pendant la guerre en Ukraine. Le 13 novembre 2024, l’état-major ukrainien avait notamment affirmé que des soldats russes portant des uniformes ressemblant à ceux de son armée avaient participé à une offensive près de Koupiansk, dans la région de Kharkiv.
L’attaque avait mobilisé environ quinze véhicules et s’était déroulée en quatre vagues, selon les autorités ukrainiennes. Reuters avait alors rapporté ces accusations, sans établir indépendamment tous les détails de l’assaut.
Le droit international humanitaire encadre strictement cette pratique. L’article 39 du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève interdit l’utilisation de l’uniforme d’une partie adverse pendant une attaque ou pour faciliter, protéger ou masquer des opérations militaires.
Cette interdiction ne signifie cependant pas que chaque cas constitue automatiquement un crime de guerre au sens pénal. Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale prévoit notamment cette qualification pour certains usages abusifs d’un uniforme ennemi ayant entraîné la mort ou des blessures graves.
Dans le cas annoncé le 5 novembre, aucune attaque commise par ce militaire sous uniforme ukrainien, ni aucune victime en résultant, n’a été documentée. Les informations disponibles ne permettent donc pas de déterminer si sa conduite relève de cette qualification pénale.
L’identité du prisonnier, son unité d’origine et la mission qu’il devait accomplir restent également inconnues. Les forces spéciales ukrainiennes n’ont pas précisé si l’homme agissait seul ou dans le cadre d’une opération impliquant d’autres militaires russes.








