La Marine nationale va pouvoir employer ses drones de surveillance Aliaca depuis des navires qui n’étaient pas initialement conçus pour les lancer. Dans une présentation publiée le 29 octobre 2026, Airbus Helicopters annonce que la Direction générale de l’armement (DGA) a retenu la version à décollage et atterrissage verticaux (VTOL) du U010 Aliaca. Les sept systèmes restant à livrer dans le cadre d’une commande antérieure doivent adopter cette configuration.
Il ne s’agit donc pas de sept systèmes qui viendraient s’ajouter mécaniquement aux commandes existantes. L’évolution concerne la configuration d’une partie des matériels encore attendus, après des essais menés en 2024 et 2025. Le calendrier annoncé prévoit les premiers déploiements sur les bâtiments de soutien et d’assistance métropolitains (BSAM) fin 2026, puis sur les bâtiments de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM) en 2027.
Pourquoi le décollage vertical change l’emploi du drone en mer
Dans sa version d’origine, l’Aliaca est propulsé au lancement par une catapulte et récupéré dans un filet. Cette méthode permet d’exploiter un drone à voilure fixe sans piste, mais impose de réserver de la place au dispositif de lancement et de récupération. Elle devient contraignante sur les navires disposant de ponts plus petits ou soumis à des mouvements importants.
La nouvelle version peut décoller et se poser verticalement. Selon Airbus, la préparation au vol ne prend que quelques minutes et le système peut être utilisé dans certaines conditions de mer qui auraient empêché une récupération sûre dans un filet. Le constructeur précise que la voilure et le fuselage ont été modifiés, tandis que des éléments essentiels — pilote automatique, liaison de données et logiciel de contrôle — sont conservés.
Les essais du Centre d’expérimentations pratiques et de réception de l’aéronautique navale ont notamment eu lieu depuis un BSAM, un type de navire qui n’avait pas été conçu au départ pour accueillir des drones. Le média spécialisé Naval Today confirme le 29 octobre le choix de cette configuration et les premières affectations envisagées.
Sept systèmes à convertir sur une commande de 34
Le programme Aliaca repose sur une commande de 34 systèmes, soit 68 aéronefs, chaque système comprenant deux drones et une station de contrôle au sol. D’après Airbus, 27 systèmes ont déjà été livrés à la DGA. Les sept restants doivent l’être avant la fin de 2026, dans leur nouvelle version à décollage vertical.
Cette distinction évite de confondre une adaptation technique et une augmentation du nombre total d’équipements commandés. Airbus ne donne pas, dans son annonce, le montant de la modification ni le détail du calendrier de réception de chaque système. Les dates de déploiement correspondent à un objectif opérationnel communiqué par la Marine, et non à la confirmation que tous les bâtiments concernés sont déjà équipés.
L’Aliaca est utilisé depuis 2019 par la Marine nationale, qui l’a d’abord mis en œuvre depuis un patrouilleur hauturier. Les systèmes supplémentaires ont ensuite été destinés à différents bâtiments de surveillance, y compris outre-mer. La possibilité de les employer depuis des navires de soutien élargit désormais le nombre de plateformes susceptibles de disposer d’une capacité aérienne de reconnaissance.
Un capteur de surveillance pour les bâtiments de soutien
Le drone transmet des images en temps réel à l’équipage, notamment grâce à une tourelle électro-optique et infrarouge utilisable de jour comme de nuit. Il peut ainsi observer au-delà de l’horizon radar du navire et aider à identifier une embarcation avant l’envoi d’un moyen d’interception. Les missions citées par Airbus et la Marine comprennent la surveillance maritime, la lutte contre les trafics et le contrôle des pêches illégales.
Airbus présente deux motorisations possibles pour la famille U010 Aliaca : une version électrique offrant jusqu’à trois heures d’endurance avec une liaison de données annoncée à 50 kilomètres, et une version hybride pouvant atteindre six heures et 100 kilomètres de portée opérationnelle. Ces valeurs sont des caractéristiques annoncées pour la gamme ; elles ne constituent pas une mesure indépendante des performances de chaque appareil VTOL dans toutes les conditions d’emploi.
La transformation a aussi un intérêt logistique. Sur un bâtiment de soutien, disposer d’un capteur aérien léger peut éviter de mobiliser un hélicoptère pour certaines observations, sans pour autant remplacer les capacités d’emport, de sauvetage ou d’intervention de celui-ci. La station de contrôle conserve une organisation simple, avec deux postes de travail pour le pilotage et la charge utile.
La prochaine étape sera l’intégration de ces appareils aux routines de navigation et de surveillance des BSAM, puis des BSAOM. L’enjeu n’est pas seulement de faire voler un drone depuis un pont plus petit, mais de rendre la reconnaissance aérienne disponible sur davantage de bâtiments, y compris lors des missions de présence et de soutien conduites loin de la métropole.








