Mauvaise nouvelle pour la Marine nationale : le coût de ses futurs avions de patrouille maritime a déjà bondi de 65 % avant même le premier vol

4,574 milliards d’euros, +65% : la facture du futur avion de patrouille maritime explose. Entre tensions avec Airbus et flotte vieillissante, la Marine joue gros. Le calendrier tiendra-t-il face aux échéances politiques ?

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Mauvaise nouvelle pour la Marine nationale : le coût de ses futurs avions de patrouille maritime a déjà bondi de 65 % avant même le premier vol
Mauvaise nouvelle pour la Marine nationale : le coût de ses futurs avions de patrouille maritime a déjà bondi de 65 % avant même le premier vol © Armees.com

Le programme destiné à remplacer les Atlantique 2 de la Marine nationale voit sa facture s’alourdir de 65 %. Selon les documents annexés au projet de loi de finances 2027, le coût du «PATMAR futur» passe de 2,768 milliards d’euros à 4,574 milliards d’euros.

La Direction générale de l’armement a tranché en faveur de l’Airbus A321XLR, écartant le Falcon 10X proposé par Dassault Aviation. D’après Opex360, la Marine voulait un appareil capable d’emporter une grande quantité de munitions, dont le futur missile antinavire FMAN, et d’embarquer un second équipage pour les missions longues.

Des difficultés pour loger une baie de calcul électronique dans un avion à l’espace contraint, comme le Falcon ARCHANGE dédié au renseignement, ont fini de convaincre la DGA, selon ce qu’a laissé entendre le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées.

Ce choix intervient après l’échec du projet franco-allemand MAWS. Berlin a préféré faire cavalier seul en achetant des P-8A Poseidon américains et des drones MQ-9B SeaGuardian.

En attendant un remplaçant, la flotte actuelle vieillit. L’Atlantique 2 a été porté au standard 6, avec l’intégration du radar à antenne active Searchmaster, mais cette modernisation n’a porté que sur le système de combat. L’appareil devra malgré tout être retiré du service en 2040.

Dix-huit exemplaires restent opérationnels, souffrant de problèmes de disponibilité liés à la corrosion et au vieillissement des cellules, selon le député Yannick Chenevard, rapporteur de l’avis budgétaire relatif au programme 178 «Préparation et emploi des forces : Marine».

Des négociations qui achoppent sur les exigences d’Airbus

En septembre 2026, Air & Cosmos a rapporté que le dossier de lancement en réalisation n’allait pas être notifié à Airbus et à Thales en 2026, contrairement à ce qui avait été annoncé. En cause : un coût jugé trop élevé par rapport à l’enveloppe de près de 3 milliards d’euros prévue au départ.

Le lancement en réalisation était pourtant attendu fin 2026. Chenevard écrit que ce calendrier « semble compromis en raison de son coût jugé trop élevé ». Pourtant l’étude de levée de risques sur le plan technique s’est achevée avec succès.

Le rapporteur attribue le blocage aux exigences financières d’Airbus, qu’il présente comme une conséquence probable des déboires de l’avionneur sur l’A400M, des exigences qui « ont considérablement rehaussé le coût du programme », selon ses termes. Lors d’une audition au Sénat le 27 octobre 2026, la ministre des Armées Catherine Vautrin a confirmé que le dialogue entre la DGA et Airbus n’avait pas été interrompu.

Chenevard met en garde contre les conséquences d’un report prolongé, écrivant que retarder le lancement en réalisation revient à prendre le risque que l’instabilité décisionnelle, liée aux élections, ne repousse la décision au-delà, voire abaisse ce programme dans la liste des priorités, retardant le remplacement d’une capacité essentielle, notamment pour la dissuasion.

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