Forges de Tarbes : quatre investisseurs discutent d’une reprise des capacités de production d’obus

La ministre des Armées a confirmé le 27 octobre des discussions avec quatre investisseurs autour des actifs stratégiques des Forges de Tarbes. Après l’ouverture du redressement judiciaire, la priorité est de préserver le savoir-faire industriel indispensable à la fabrication française de munitions de 155 mm.

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Forges de Tarbes : quatre investisseurs discutent d’une reprise des capacités de production d’obus © Armees.com

Quatre investisseurs sont en discussion avec les pouvoirs publics français pour reprendre des capacités industrielles essentielles des Forges de Tarbes. Catherine Vautrin, ministre des Armées, l’a indiqué le 27 octobre lors d’une audition parlementaire, selon Reuters. Cette perspective intervient après l’ouverture, le 26 octobre, d’une procédure de redressement judiciaire pour l’entreprise des Hautes-Pyrénées.

La démarche concerne un maillon sensible de la production française de munitions : les corps métalliques d’obus de 155 mm, notamment destinés à la chaîne d’approvisionnement des systèmes d’artillerie Caesar. Les noms des investisseurs, les contours précis d’une éventuelle cession et son financement n’ont pas été annoncés.

Quatre interlocuteurs, mais aucune reprise conclue

Le changement tient à la confirmation de discussions industrielles par la ministre. Les Forges de Tarbes recherchaient déjà une issue à leurs difficultés financières ; l’existence de quatre interlocuteurs évoqués devant les parlementaires donne désormais une indication sur le travail engagé par l’État pour préserver l’activité et les compétences du site.

Il faut distinguer des discussions avec des investisseurs d’une offre de reprise formalisée et acceptée. À ce stade, aucune identité de repreneur, aucun prix ni aucun engagement de maintien des capacités n’ont été rendus publics. Le processus judiciaire et les négociations industrielles devront préciser les conditions d’une solution durable.

Dans une communication datée du 27 octobre, Europlasma, propriétaire de la société, confirme l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire. Celle-ci suit la demande déposée le 22 octobre. Le jugement du tribunal de commerce marque une nouvelle étape juridique : il permet d’organiser la recherche d’une issue pour l’entreprise sous le contrôle de la procédure collective.

Un savoir-faire difficile à remplacer rapidement

Le site tarbais fabrique les enveloppes forgées de munitions de gros calibre. Ces pièces constituent une étape industrielle distincte du chargement explosif et de l’assemblage final des projectiles. La chaîne de production des obus de 155 mm implique plusieurs entreprises et compétences, dont certaines sont particulièrement concentrées sur le territoire français.

La ministre a insisté sur la nécessité de conserver ce savoir-faire, rapporte également Le Journal des Français, qui rend compte de son audition devant la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat. L’enjeu dépasse les emplois de l’usine : il concerne la capacité des industriels français à fabriquer et fournir des munitions d’artillerie pour leurs clients militaires.

Cette question prend une importance particulière avec la demande de reconstitution des stocks européens et le soutien militaire à l’Ukraine. KNDS figure parmi les clients de l’entreprise. La continuité de la production et la qualification des équipements industriels comptent donc autant que l’identification d’un futur propriétaire.

La modernisation du site au cœur des négociations

La recherche d’un repreneur s’accompagne d’un défi technique et financier. Selon La Nouvelle République des Pyrénées, la direction a reconnu le 26 octobre ne pas disposer des moyens nécessaires pour mener la modernisation envisagée. Le journal signale également une mise en demeure préfectorale relative à la conformité d’équipements sous pression avant la fin de l’année.

Le dossier comporte ainsi trois questions distinctes : qui peut reprendre l’activité, avec quels investissements et à quel rythme la production peut-elle être sécurisée ? Le maintien d’un outil industriel opérationnel dépendra de réponses concrètes à ces trois points, au-delà de la seule annonce de discussions.

Les prochaines étapes seront celles de la procédure judiciaire et de l’examen d’éventuelles offres industrielles. Pour les armées françaises comme pour leurs partenaires, l’indicateur décisif sera la capacité du site à continuer de fournir des corps d’obus conformes aux besoins de la filière.

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